Williams EXBRAYAT

Pas de commentaire

répond à mes questions.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

J’ai toujours voulu devenir écrivain. Écrire un livre est pour moi un geste ultime à la fois personnel, fun, intellectuel et artistique. Bref, c’est une activité complète qui me convient bien. J’ai fait mes premières armes à l’adolescence et c’était bien moche, puis j’ai emmagasiné des expériences, des lectures pendant deux décennies et j’ai lâché les chevaux à la fin de la trentaine.


Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Rien ne m’a donné envie d’écrire. C’était en moi. Tout simplement.


Y a-t-il des manuscrits que vous avez écrits, mais qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

J’ai un recueil de nouvelles dans les tiroirs qui s’appelle « Les marges intimes » et deux trois textes pas tout à fait aboutis. Un jour, j’y reviendrai et j’espère que ce sera exploitable.


Être écrivain, c’est plus un métier ou une passion ?

Les deux, mon capitaine. C’est une passion. Si ce n’était pas le cas, personne ne passerait autant de temps à travailler sur un truc qui a peu de chance de sortir un jour et d’être lu (quoiqu’avec l’autoédition, cette considération est moins vraie). C’est un travail aussi qui est en outre le plus mal payé du monde, mais qui génère quand même de l’argent pour d’autres acteurs de la chaîne du livre. Nous sommes dans un monde où les sous ne sont pas du côté des créateurs. L Dans le cinéma, c’est pareil. Les scénaristes sont mal payés et pas considérés. Même chose dans la musique. Le système a une bonne image parce qu’il y a quelques têtes de gondoles qui vendent beaucoup de livres et gagnent de l’argent, mais c’est l’arbre qui cache la forêt. L’écrivain a souvent un autre travail. À part certains petits éditeurs qui ont un autre boulot ou qui font de l’édition par passion, on ne demande pas aux autres métiers de la chaîne du livre d’avoir une deuxième activité professionnelle. Personne ne va dire à un distributeur : tu fais un super travail, mais on va te payer une misère pour ce que tu fais, alors ça serait bien que tu assures tes arrières en ayant un autre job. C’est ce qu’on demande aux auteurs. Les auteurs, c’est un peu le prolétariat, le petit agriculteur ou le petit artisan avec le « prestige » sociétal de l’auteur qui fait passer la pilule.


Avez-vous d’autres passions que l’écriture ?

J’adore la musique. Je suis un digger. J’aime les musiques des marges. Je passe une partie de mon temps à découvrir de nouveaux morceaux. J’ai dans mes tiroirs un roman sur la musique. J’aimerais le faire aboutir un jour avec un dispositif narratif un peu particulier. Disons que ce serait une histoire orale d’un groupe de rock qui n’existe pas.


Quels sont les bons et les mauvais côtés du métier d’auteur ?

Les bons côtés, c’est tout le travail en amont. Faire des recherches, c’est très intéressant. Je suis historien de formation donc j’aime côtoyer les sources, même si cela ne se voit pas dans ce que j’écris. Accoucher de ce qu’on a en tête est quand même un grand plaisir, tout comme rencontrer d’autres auteurs, des blogueurs, des lecteurs. Avoir des retours de lecture, c’est génial. Avec Ma vie sera pire que la tienne, j’ai été comblé. J’ai eu des retours nombreux et très positifs.

Les mauvais côtés, il y en a. Ce n’est pas toujours confortable d’avoir quelque chose en tête et ne pas le faire aboutir comme on le souhaiterait. Je suis un peu laborieux et assailli par les doutes. J’ai aussi l’impression de consacrer beaucoup du temps à l’écriture que je pourrais utiliser avec les gens que j’aime.


Quelles sont vos habitudes d’écriture (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Je suis plutôt du matin. Le soir, je ne vaux rien. J’écoute de la musique souvent. Parfois, pour un passage qui demande de la concentration, de la précision, je préfère le silence.


Quel est votre process d’écriture ? (plan, improvisation, recherches)

Un mélange de tout. J’ai l’impression que les histoires sont déjà en moi. Il faut juste les excaver, faire des recherches pour s’assurer qu’on ne dise pas trop de bêtises, un vague plan pour se rassurer et avoir une ligne directrice.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments où l’inspiration ne vient pas ?

Mon inspiration vient d’une intuition ou d’une idée, puis elle se développe ou elle se révèle (je ne sais pas trop). Je suis très souvent pas inspiré, mais quand ça vient, c’est une belle joie. J’aimerais tant écrire un livre par an, mais c’est 2 à 3 ans minimum. Ce n’est en rien un éloge à la lenteur, mais c’est mon rythme. Je mange vite, mais je digère lentement.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ?

C’est un mélange de fiction et de réalité. Je n’aime pas trop l’autofiction, mais pour mon prochain roman, il y aura des éléments d’autofiction détournés.


Quel est le livre qui a été le plus difficile à écrire ? Et le plus simple ?

Le livre le plus difficile à écrire est mon projet actuel parce que le contexte est particulier et qu’il y a plusieurs mises en abyme pas toujours simples à appréhender. J’ai écrit un recueil de poésie pour l’occasion vu que mon personnage principal est poète. Je pense être un peu fou.

A contrario, Chasse à l’épaulard a été très facile à écrire. Je me suis beaucoup amusé pendant l’écriture.


Avez-vous une préférence pour l’un des romans que vous avez écrits ? Si oui, lequel et pourquoi ?

J’aime beaucoup Ma vie sera pire que la tienne parce que c’est un bouquin atypique dans sa construction, dans son langage, par ses personnages déglingués, par ses partis pris. Il pousse un peu les limites (gentiment), mais il se lit très facilement. J’en suis fier et j’aime le défendre. Je reste persuadé qu’il pourrait avoir plus de succès. C’est mon livre culte et en plus, il a un prix modéré. Vu que c’est un hommage à la littérature pulp, je voulais que le bouquin ne soit pas cher et à la portée de toutes les bourses. La littérature populaire, c’est d’abord un prix décent. J’ai été très marqué par l’éthique punk d’un groupe de musique qui s’appelle Fugazi qui imposait un prix bas à ses disques et à ses concerts. Mon éditeur, IFS, m’a suivi pour ce projet et je l’en remercie parce qu’il ne va pas gagner beaucoup d’argent.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

J’y pense fréquemment. L’écriture n’est pas un exercice fluide chez moi donc parfois je me sens inconfortable avec cela. Ça prend aussi beaucoup de temps et la vie réelle mérite d’être vécue. À la sortie de Ma vie sera pire que la tienne, je n’ai pas trouvé d’éditeur et je me suis dit que j’allais arrêter. Je l’ai quand même sorti en auto-édition. Quelques semaines après, je gagnais un prix littéraire pour ce livre et un éditeur se montrait intéressé par Ma vie sera pire que la tienne.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

Je suis en train d’écrire un polar qui va mélanger nature writing, poésie et enquête policière. Le pitch : Un shérif d’une cinquantaine d’années dénommé Sherman Johnson et métis (descendant à la fois des Européens et des Amérindiens.) enquête sur la disparition d’un écrivain français dans sa juridiction à savoir le comté de Parks, dans le sud-ouest du Montana. Cette enquête l’entraîne irrémédiablement vers un autre fait divers qui a eu lieu cinq ans plus tôt dans la même vallée : le triple meurtre d’une famille sans histoire jusque-là.


Un dernier commentaire ?

Sortez des sentiers battus. En dehors des auteurs qui vendent beaucoup (et qui sont le plus souvent très talentueux), il y a d’autres talents qui ne jouissent pas d’une machine promotionnelle puissante. Ne laissez pas le marketing, la mode du moment vous dicter vos choix. C’est pour cela que les groupes de lectures, le bouche-à-oreille, la prescription par des blogueurs, etc.. sont importants. N’oubliez pas les autoédités. C’est fresh et c’est la filière courte de l’auteur vers le lecteur ! Il y a bien entendu parfois des scories, des imperfections, des coquilles, mais ça a le goût de l’authentique et c’est exactement ce qui manque à notre époque.


BIBLIOGRAPHIE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s