Maxime MORIN

Pas de commentaire

répond à mes questions.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Pas du tout. A l’époque, Indiana Jones était mon héros, je voulais donc devenir archéologue, puis professeur d’histoire. Mais Indiana Jones 4 a brisé mes rêves (lol). J’ai commencé à écrire en 2014, j’avais alors 32 ans.


Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Le bus, un roman de Madeleine Robitaille, excellent thriller hormis la fin, dont je me suis amusé à réécrire le dénouement. J’ai compris à cette occasion combien écrire est un exercice difficile. Je me suis donc lancé le défi de réussir ce pari. Puis rapidement, j’ai commencé à réfléchir à une première histoire.


Y a-t-il des manuscrits que vous avez écrits, mais qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Mes deux premiers manuscrits n’ont jamais été publiés. Sans doute ne sont-ils pas assez bons, j’ai fait mes premières armes sur ceux-ci, j’étais alors en pleine expérimentation.


Être écrivain, c’est plus un métier ou une passion ?

Pour ma part, ni l’un ni l’autre, davantage un échappatoire. Un univers à part, en parallèle de la réalité, où je peux me concentrer et ne penser à rien d’autre.

J’ai du mal à parler de passion pour l’écriture, tant il s’agit d’une pratique ingrate. L’auteur est seul, face à un exercice très difficile, il consacre énormément de temps pour très peu de reconnaissance. Il n’y a rien d’enthousiasmant à passer des heures devant son écran d’ordinateur à la recherche de la bonne idée, du bon mot. C’est comme un musicien qui passe des heures et des heures par jour à pratiquer des gammes, c’est laborieux au possible. Mais lui au moins joue en groupe, participe à des concerts etc. Quant à en vivre, hors de question. Dès que l’argent rentre en jeu, c’est la mort de la liberté. Etre obligé d’écrire encore et encore pour pouvoir vivre, parce que l’on y est obligé contractuellement, quelle labeur !


Avez-vous d’autres passions que l’écriture ?

La guitare. Avant l’écriture, j’ai vécu guitare pendant huit bonnes années, où je respirais musique, mangeais musique, dormais musique, et même rêvais de mélodies que je reproduisais le lendemain.

Aujourd’hui, il y a la moto. Et surtout le sport, beaucoup (trop?) de sport, notamment de la boxe anglaise.

Sans oublier la vie de famille. Là encore, on ne peut pas parler de passion pour la vie de famille, mais dans le passé, j’ai souvent négligé ce facteur essentiel. A présent, c’est l’une de mes priorités.


Quels sont les bons et les mauvais côtés du métier d’auteur ?

Seul. Peu reconnu. En proie au doute. Très chronophage. Le problème aujourd’hui est que l’on demande à un auteur d’être un communicant, si bien qu’il faut passer plus de temps à faire sa publicité qu’écrire. Et les réseaux sociaux exigent encore plus de temps que l’écriture, c’est un cercle vicieux !

Je ne suis pas du genre « auteur requin », qui n’hésite pas à faire sa promo non stop sur les groupes de lecture, qui harponne leurs nouveaux membres sur Messenger, qui sillonne les salons avec des valises pleines de ses bouquins pour vendre à la sauvette même s’il n’a pas été invité, façon vendeur de tapis. Je laisse ça à d’autres.

Personnellement, je suis sur les groupes pour me divertir, divertir les autres. Vendre n’est pas la finalité de mon travail d’écriture. Mon but est le perfectionnement, l’écriture comme un apprentissage, comme le sport. S’entraîner un peu plus chaque jour est stimulant. Tout comme le travail de recherche en amont, qui se compte en semaines, parfois en mois, notamment pour mon dernier thriller, « Nous ne gagnerons pas cette guerre », où j’ai collaboré avec trois spécialistes. Cela a été des moments fantastiques de partage. Apprendre est l’un des aspects les plus prenants du travail d’écriture.


Quelles sont vos habitudes d’écriture (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Aucune habitude. Etre seul, et si possible dans le silence.


Quel est votre process d’écriture ? (plan, improvisation, recherches)

Enormément de recherches, afin de maîtriser mes sujets, être crédible, et apporter une originalité dans la manière de travailler ces thèmes.

J’ai souvent une idée précise du point de départ, une idée très précise de la fin. Quelques axes de développement en tête, et je me lance. Inutile de tout planifier, car en un an d’écriture, il y aura forcément une meilleure idée qui surgira. Une cohérence qu’il faudra corriger. Un meilleur personnage, un meilleur twist, un meilleur cliffhanger. L’intrigue évolue au gré de nos affects, de nos envies, de ce qui se passe autour de nous. Puis si tout est joué d’avance, l’écriture serait tellement monotone et ennuyeuse, vous ne pensez pas ?


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments où l’inspiration ne vient pas ?

De partout. Par exemple, pour « Nous ne gagnerons pas cette guerre », l’inspiration vient du fait qu’une partie de ma famille était présente lors de l’attentat terroriste du 14 juillet 2016 à Nice. J’ai aussi été confronté dans ma vie privée au monde de l’autisme, par conséquent, j’ai voulu écrire sur ce thème pour répondre au besoin d’en parler. 

Pour Reviviscences, un livre graphique, j’ai voulu travailler avec un ami de vingt ans, photographe de talent, Anthony Lipari. L’inspiration est venue naturellement, grâce aux compositions d’Anthony.

« Veux-tu dîner avec moi », mon premier thriller, est inspiré du thriller Le bus, que j’évoquais au début de l’interview, dont je me suis amusé à réécrire la fin.

En outre, je pense que l’actualité est un terreau inépuisable d’inspirations. Pour l’écriture de ma dystopie écologique, il a suffit d’ouvrir les yeux sur l’état du monde actuel. Puis il y a mes lectures du moment, films, séries, un thème, une idée, parfois même une phrase et le cerveau fait tilt. L’imagination se débride, découle une foultitude de scénarios. Il suffit d’être à l’écoute de la réalité.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ?

Répondu à la question précédente 😉


Quel est le livre qui a été le plus difficile à écrire ? Et le plus simple ?

Sans aucun doute, mon dernier. « Nous ne gagnerons pas cette guerre », a exigé trois ans d’écriture. Retravaillé de fond en comble, avec la collaboration de trois spécialistes, chacun dans son domaine. Concilier les impératifs d’édition, les impératifs liés au genre thriller, tout en restant crédible, à la fois technique et humain, a été un exercice périlleux. Mais au combien passionnant !

Reviviscences n’a pas été facile non plus. J’ai voulu m’essayer à d’autres genres littéraires, de l’épistolaire, poésie, conte, théâtre, etc. Cela a exigé des nuits et des nuits de travail.

Le road-trip « Veux-tu dîner avec moi » a été élaboré grâce à Google Maps, afin de respecter au virage près le trajet entre Paris et Nice. Toutes les descriptions du roman sont véridiques, de même le temps du trajet est conforme à la réalité. Deux impératifs pas commodes à mettre en place.

Mon polar à venir en mai 2021, aux éditions LBS, a été lui aussi complexe. Petite exclusivité rien que pour cet interview, il y aura dans ce roman une collaboration entre écriture et musique. Chaque chapitre contiendra des morceaux de musique qu’il faudra télécharger afin de plonger au mieux dans l’histoire. Associer musique et polar nécessite un travail minutieux. Au final, la dystopie a été le plus simple à écrire. Comme je disais, il a suffi d’ouvrir les yeux.


Avez-vous une préférence pour l’un des romans que vous avez écrits ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Non, j’ai un attachement particulier avec chacun d’eux, des tas d’anecdotes et de souvenirs. Et si je devais absolument choisir, j’ai un petit faible pour Reviviscences, parce qu’avec Anthony, on a créé un livre unique, il n’en existe pas deux comme ça. On a mis nos tripes dans ce projet, et ça a payé !


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Oui, dès que j’ouvre mon ordinateur pour écrire. C’est une remise en question permanente, vais-je être meilleur que la fois précédente ? Est-ce que ce que j’écris à du sens, est-ce utile, est-ce que j’apporte quelque chose au lecteur ou au genre ?

Vais-je divertir le lecteur, ou bien lui apprendre une information, le réconforter par une phrase, une pensée, ou vais-je dénoncer une injustice, un abus, un état de fait auquel on serait tenté de se détourner ?

A l’heure d’aujourd’hui, j’en ai l’envie et le temps, donc je m’y consacre sérieusement. Mais il est certain qu’un jour viendra où je n’aurai plus rien à dire, ou une autre occupation me procurera plus de plaisir.

Dans ce cas-là, j’arrêterai naturellement.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

Un polar en mai 2021 avec LBS éditions. Un projet de roman à plusieurs mains toujours pour 2021. Ma dystopie écologique est bien partie pour être éditée en 2022. Enfin un concours de nouvelles, et un road-trip à achever. Oui, j’ai pas mal de pain sur la planche !


Un dernier commentaire ?

Merci de cet interview. En espérant vous avoir donné envie de lire mes livres, et si vous êtes toujours à court de bonnes lectures, je ne peux que vous conseiller Franck Bouysse, Hervé le Corre, Don Winslow, Michaël Mention, et Luca di Fulvio. Plaisirs garantis !

A bientôt, et la bise aux sœurs Elodie et Stéphanie 😉


BIBLIOGRAPHIE

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