Steve LAFLAMME

Pas de commentaire

répond à mes questions.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

J’ai découvert en bas âge une curiosité pour l’écriture, mais c’est véritablement avec la découverte de Stephen King, à 15 ans, que j’ai eu envie d’écrire mes propres histoires, moi aussi.


Qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

La découverte de Stephen King et de la nouvelle littéraire. J’ai aimé immédiatement la possibilité de produire un effet chez le lecteur, de le « manipuler » gentiment, de lui faire vivre des émotions vives. Et quand on ajoute à cela le fait que la nouvelle à chute offre une belle possibilité de surprendre le lecteur… c’était gagné.


Y a-t-il des manuscrits que vous avez écrits, mais qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Le premier roman que j’ai écrit a été refusé partout, tout simplement parce qu’il n’était pas à la hauteur. Sur le coup, ce fut très difficile à accepter, mais avec le temps, j’ai compris que c’était pour le mieux. Ce roman m’aura servi, en quelque sorte, de camp d’entraînement en vue de l’écriture de mes romans subséquents. Et j’ai pu par la suite récupérer quelques éléments de ce roman pour les autres, que j’ai publiés.  


Être écrivain, c’est plus un métier ou une passion ?

Les deux. C’est d’abord une passion parce que, il faut l’avouer, il y a beaucoup d’appelés et peu d’élus : les chances de véritablement vivre de l’écriture sont minces, spécialement chez nous, au Québec, seule nation francophone dans cette Amérique très fortement anglicisée. Cela dit, sans se prendre trop au sérieux, il faut aussi considérer l’écriture comme un métier, si l’on souhaite progresser. Tant et aussi longtemps qu’on la considère comme un passe-temps, on n’y accorde pas le temps qu’elle mérite, ni l’énergie ou le sérieux requis. C’est un métier qui s’apprend par l’expérimentation, par la lecture. Il faut faire ses devoirs, faire ses gammes.


Avez-vous d’autres passions que l’écriture ?

Je suis aussi musicien (guitariste et chanteur dans un band de blues) et je suis un inconditionnel du hockey.


Quels sont les bons et les mauvais côtés du métier d’auteur ?

Bons côtés : Le plaisir de manipuler les mots ; le sentiment d’être un démiurge : de construire un monde à part entière ; la possibilité de faire connaître ses histoires, ses idées ; le fait de n’être jamais seul, puisqu’on est habité par ses personnages, par ses histoires ; le plaisir de recevoir l’appréciation de lecteurs et lectrices qui ont aimé ce qu’on leur a proposé. Mauvais côtés : le risque de se faire dire qu’on n’a pas plu (mais bon, on s’y fait) ; la nécessité de travailler, de retravailler, de reretravailler, parce que la première version n’est jamais la bonne ; le doute, ce satané doute qui nous habite toujours.


Quelles sont vos habitudes d’écriture (lieu, moment de la journée, en musique) ?

J’écris surtout le matin, entre 8h et 10h, environ, sans musique la plupart du temps : puisque je suis musicien, je suis déconcentré par la musique, surtout si elle n’est pas instrumentale.


Quel est votre process d’écriture ? (plan, improvisation, recherches)

Je fais un plan, le plus détaillé possible, habituellement chapitre par chapitre. J’ai quelques logiciels de planification (Scrivener, Plottr), mais le plus efficace pour moi reste le stylo et de grandes feuilles de papier, puisque j’ai besoin de m’étendre, d’avoir une vue d’ensemble du point de départ jusqu’à l’arrivée.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments où l’inspiration ne vient pas ?

L’inspiration vient de ce qui est autour de soi, des faits divers, mais aussi de ce que l’on veut dénoncer, de ce qui nous indigne. Lorsque je bloque, je me lève, je marche, j’imagine les scénarios les plus logiques qui peuvent découler de là où j’en suis rendu dans mon intrigue. À voix haute, j’incarne aussi les personnages pour construire leurs dialogues. Par exemple, pour mon roman Peau d’âne (de la collection des Contes interdits), j’ai composé certains chapitres presque au complet dans ma voiture, tandis que je roulais : je m’imaginais à voix haute ce que les personnages allaient se dire. Et ça a fonctionné. L’écran de l’ordinateur est parfois un mur qui nous limite, qui nous empêche de voir au-delà.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ?

Elles en sont souvent inspirées, du point de vue de la macrostructure, je dirais. Les anecdotes personnelles, c’est du l’ordre du «micro » : un événement passé qui contribue à ce que le personnage est devenu, un goût personnel d’un personnage, un trait de caractère, etc. Les faits réels, eux, servent souvent de point de départ. Par exemple, la scène d’ouverture de mon prochain roman, Sans la peau, qui paraîtra le 24 mars au Québec, est directement inspirée d’un fait divers qui a paru dans les journaux il y a quelques années : la découverte, dans un conteneur du port de Montréal, de quatre ressortissants géorgiens. J’ai trafiqué un peu les faits (il y en a un dans mon roman, plutôt que quatre, et il est mort, alors que les quatre Géorgiens étaient vivants), et ça donnait une scène d’entrée dans le roman assez intrigante pour donner envie d’aller plus loin.


Quel est le livre qui a été le plus difficile à écrire ? Et le plus simple ?

Ils sont tous difficiles à leur façon. Mon premier roman publié, Le Chercheur d’âme, a été relativement facile à écrire : parce qu’il était le premier, je l’avais porté en moi très longtemps – pendant 10 ans – avant de commencer à l’écrire. J’avais donc eu le temps de réfléchir beaucoup à l’intrigue, aux types de personnages que je voulais y camper, mais aussi l’arrière-plan du roman (l’univers de la lutte professionnelle et l’univers des tueurs en série) m’était très familier, parce que je m’étais beaucoup documenté. Rendu au deuxième roman, Sous un ciel d’abîme, j’ai fait l’erreur de croire que parce que je récupérais les mêmes personnages principaux, une partie du travail était faite et donc que ce serait plus facile. Or ce n’est pas le cas : l’effet de nouveauté n’est plus là pour le lecteur, donc il faut maintenir l’intérêt, tout en se montrant cohérent en ce qui concerne le passé des personnages : à la fin du roman 1, ils font ceci ou cela ; voilà donc qui impose certaines balises pour le roman 2, avec lesquelles il faut se débrouiller.


Avez-vous une préférence pour l’un des romans que vous avez écrits ? Si oui, lequel et pourquoi ?

Non, c’est comme si vous me demandiez lequel de mes enfants est mon préféré. 😉 Ils ont tous des forces que j’aime beaucoup, comme ils ont tous des aspects que j’aimerais améliorer, mais il faut un jour lâcher prise et accepter que la perfection est inatteignable.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Il m’est arrivé de connaître des périodes difficiles au cours desquelles j’étais incapable d’écrire, ou des périodes de découragement lors desquelles je me disais que je n’arriverais jamais à publier ; mais tout au fond de moi, la volonté et le besoin de créer des histoires sont plus forts que les moments de faiblesse.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

J’ai deux romans qui paraîtront ce printemps : Sans la peau, le troisième opus de ma série d’enquêtes menées par Xavier Martel. Il s’agit d’un thriller pur jus. L’autre roman s’intitule Barbe bleue. Il s’agit d’une adaptation contemporaine, trash du conte de Charles Perrault, publié dans la fameuse collection des Contes interdits, à la sauce québécoise. Barbe bleue, lui, est un thriller fantastique. 


Un dernier commentaire ?

Merci beaucoup pour votre intérêt et pour ces questions qui permettent à vos lectrices et lecteurs de me connaître !


BIBLIOGRAPHIE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s