Alexandra DESNIER

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répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Bonjour Élodie, alors je me présente un peu, j’ai 38 ans, je suis auvergnate, j’ai suivi un cursus de Lettres modernes/philosophie à l’université et je prépare actuellement un diplôme en psychothérapie en parallèle de l’écriture. Mon univers est très sombre, toujours axé vers l’analyse psychologique des personnages. J’ai écrit 4 romans : Ombilical, Gémellaire, Expiatis et Altérité.


Vouliez-vous devenir écrivaine quand vous étiez petite ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Je n’ai pas vraiment formulé le souhait de devenir écrivaine lorsque j’étais petite car je concevais l’écriture comme partie intrinsèque de ma personnalité, j’ai commencé à écrire mes premières histoires d’enfant très tôt, vers 7 ou 8 ans et ce besoin a grandi avec moi. J’ai pu me réfugier dans mes écrits à l’adolescence et en faire une catharsis à l’âge adulte. Écrire, c’est un peu comme une pulsation qui me donnerait corps.


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

C’est un besoin inné, j’ai toujours éprouvé la nécessité d’écrire, comme un cocon rassurant qui devenait petit à petit un exutoire. J’écrivais des nouvelles, des poèmes, des émotions, c’est d’ailleurs ma participation à un recueil de nouvelles qui m’a donné l’envie d’écrire un roman complet, c’est comme ça qu’est né Ombilical.


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Tous mes manuscrits complets ont été publiés, par contre j’ai toujours dans mes tiroirs mes écrits d’adolescence, sorte de madeleine de Proust que je prends plaisir à relire parfois. Peut-être que j’en ferai un recueil le moment venu, pour l’instant je les conserve comme passerelle temporelle, pour me ressourcer.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

C’est avant tout une passion qui m’anime depuis l’enfance, un média qui m’a permis et me permet toujours de me libérer.


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

Les bons côtés de l’écriture sont la faculté cathartique et le don de soi, écrire est un acte autant libérateur qu’altruiste, c’est l’intimité mise à nu, l’interaction perpétuelle entre un auteur qui se livre et un lecteur qui reçoit son histoire.

Les mauvais côtés sont l’aspect mercantile et la perte de sens relative au merchandising qui s’est abattu sur la sphère littéraire. J’ai cette impression qu’il faut écrire à la chaîne pour contenter un système éditorial tout en s’oubliant et en occultant complètement le pourquoi de ce besoin d’écrire qui, avant d’être financier est avant tout épidermique.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Je n’ai pas vraiment d’habitudes d’écriture, j’écris quand j’en ressens le besoin, peu importe où je me trouve, j’aime m’immerger dans une musique qui me prends aux tripes mais je parviens également à écrire sans bruit. « Qu’importe le flacon pourvu qu’on ait l’ivresse » s’applique parfaitement à mes non-habitudes d’écriture.


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

Mon procédé est toujours semblable, j’ai en tête tout le squelette du roman, le déroulé architectural que j’annote sur un carnet. Ensuite j’écris le corps du texte de façon instinctive, des éléments ou des personnages peuvent apparaître en cours de route, je ne m’impose rien, je suis mon ressenti du moment.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

Je puise essentiellement mon inspiration dans les abîmes de la psyché, le côté torturé des personnalités et les pathologies mentales.

L’inspiration arrive toujours à un moment ou un autre, je refuse par contre de m’imposer des délais, bousculer les idées et vouloir précipiter ou cadrer l’écriture me semble contre-productif. Pour que la magie opère, tout doit être aligné : le bon moment, la bonne idée, le bon état d’esprit.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Mes histoires ne sont pas directement tirées de faits réels mais j’y apporte parfois des éléments de vie, des cicatrices personnelles et je tisse autour. Je choisis délibérément des sujets lourds de sens, des sujets qui ne laissent pas indifférents et qui peuvent parfois choquer par leur noirceur. Je pense qu’il faut bousculer les codes pour faire comprendre des messages, il faut intégrer la souffrance pour parvenir à la dépasser et avancer dans ses propres quêtes existentielles.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Le plus difficile à écrire émotionnellement a été Expiatis. Il aborde un thème sociétal qui me révolte et j’ai été submergée à l’écriture, je n’ai pu me détacher de mes personnages et j’ai terminé le manuscrit en pleurs.

Le plus simple a été Ombilical car c’était le premier et je l’ai écrit sans penser à l’après, je ne pensais même pas être lue, je n’avais aucune forme de pression ou de stress, je l’ai écrit avec cette excitation et cette fougue qui nous pousse à l’action, complètement dans le moment présent.


Avez-vous une préférence pour un de vos romans ? Pourquoi ?

J’aime tous mes romans car ils traduisent un besoin d’écriture qui m’a habité à un moment donné, ils font dorénavant partie de moi. Certains d’entre eux ont une charge émotionnelle plus forte et laissent leur trace plus profondément ancrée en moi, c’est le cas d’Expiatis et d’Altérité.


Êtes-vous satisfaite du « succès » de vos livres ?

Je suis très heureuse de pouvoir partager mes écrits et d’avoir la chance d’être lue, en tant qu’auteur indépendant il est très difficile de se faire connaître et c’est merveilleux de voir que des lecteurs vous sont fidèles et vous font confiance à chaque nouvelle parution. Je regrette par contre le manque de visibilité qui nous affecte, il est très difficile d’exister au milieu de la machinerie éditoriale qui met systématiquement en avant des auteurs « bankable » dont l’image et les noms seuls permettent de vendre.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Il y a toujours des périodes de doutes où l’on se demande s’il faut continuer mais nos lecteurs sont là pour nous apporter leur soutien indéfectible. Ce n’est pas l’écriture en elle-même que l’auteur songe parfois à arrêter, c’est la publication de ses écrits, ce moment où vous sortez de votre bulle créatrice pour laisser vivre votre roman et où vous ne savez pas comment il va être reçu, cette dépossession soudaine est assez violente.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

J’ai commencé l’écriture de mon 5ème roman noir mais je n’ai pas encore de date arrêtée pour la sortie. Ce sera, je pense, aux alentours de l’automne 2021.

Je suis également en pleine écriture d’un projet axé sur la psychologie, de la littérature blanche avec un fond de développement personnel et de sensibilisation.


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

Autoédition, j’ai volontairement choisi cette voie dès l’écriture d’Ombilical sans même penser à envoyer mon manuscrit aux maisons d’édition.  J’ai beaucoup de mal à déléguer et je veux garder la main sur mes écrits, je ne veux pas qu’ils soient lissés ou transformés pour coller à la société du moment. Changer l’essence du texte, c’est le renier et j’ai du mal à accepter cet état de fait.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ?

J’aime énormément lire bien sûr, j’ai baigné dans la littérature depuis le plus jeune âge et je me suis dirigée vers des études littéraires et philosophiques, lesquelles m’ont permis d’assouvir mon appétence pour les lectures profondes et existentielles. J’aime lire des romans qui tendent à la réflexion, je n’aime pas lire pour lire, il faut que ça donne sens. J’aime aussi lire tout ce qui touche à la psychologie et aux sciences humaines en général.


Avez-vous d’autres passions ?

L’analyse de la psyché et du comportement humain me passionne, c’est pour cela que j’ai repris des études, afin d’obtenir un diplôme en psychothérapie et pouvoir vivre conjointement de mes deux passions : l’écriture et la psychologie.


Un dernier commentaire ?

Un grand merci d’avoir pensé à moi pour cette interview, c’est toujours un réel plaisir de pouvoir se livrer et partager un peu de soi, l’interaction est indispensable entre auteurs et lecteurs et grâce au travail des blogueurs et passionnés du livre en général, le lien n’a jamais été plus présent donc merci à tous les acteurs de cette grande famille du livre et à bientôt pour de nouvelles histoires.


BIBLIOGRAPHIE

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