Christophe DUBOURG

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répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Christophe Dubourg, né en 1968. Marié et père de deux enfants, j’habite à une quinzaine de kilomètres de Caen dans le Calvados, ville dans laquelle je travaille en tant qu’employé dans une librairie papeterie.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Clairement, non. Petit et jusqu’à l’adolescence, même si je lisais beaucoup et que j’avais de très bonnes notes en rédactions – et des zéros pointés en mathématiques !, j’étais davantage attiré par la télévision et le cinéma. J’aimais, et j’aime toujours d’ailleurs, les séries télévisées de l’époque type « Les mystères de l’Ouest », « Les envahisseurs », « Des agents très spéciaux » etc., ainsi que les films de genre, ceux d’Hitchcock notamment. Je me suis mis à écrire au milieu des années 90… même si je n’ai jamais rien envoyé avant 2017 !


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Je pense que c’est un cheminement naturel. On peut dire que je suis tombé dedans quand j’étais petit ! J’ai commencé avec la bibliothèque rose mais surtout verte et la collection rouge & or (Langelot, les 6 compagnons, Michel, les frères Hardy etc…) puis enchaîné ado avec les Jules Verne, Agatha Christie, Gaston Leroux, John Buchan (écrivain à mon sens trop mésestimé, auteur entre autres de « Les 39 marches » adapté par Hitchcock), S.A. Steeman (L’assassin habite au 21…) Les films m’ont également beaucoup influencé, un choix est très vaste. J’aime autant les vieux films en noir & blanc que les films plus récents.  J’ai également eu ma grosse période jeux de rôle à la fin des années 80 (L’appel de Cthulhu, Donjons et dragons…), des jeux développant l’imagination et qui « valorisaient » un certain background littéraire. Des jeux dans lesquels je préférais toujours tenir le rôle de « Maître du jeu » plutôt que celui de PJ (Personnage Joueur), le héros à incarner dans l’aventure. Cependant, si se baser sur des histoires préexistantes pour conduire le récit ou en inventer de nouvelles pour ce type de jeu me plaisait, le côté « éphémère » de la partie à jouer me gênait. L’histoire étant terminée, on passait à la suivante. Bref, il me manquait quelque chose pour être pleinement satisfait. D’où l’écriture qui est arrivée comme une évidence. Quoi de mieux que d’écrire et d’inventer son histoire rêvée ? La figer sur papier permettait de la faire exister « pour de bon. » J’ai beaucoup lu, beaucoup vu, mais c’est grâce à l’avènement des jeux de rôle que tout a véritablement commencé.


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Non, mais par contre, plusieurs sont dans mon ordinateur. Je jongle souvent des uns aux autres au gré de l’inspiration du moment.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

Une passion dévorante ! Quant à en faire un métier, je ne suis pas certain que les réalités du marché permettent encore ce luxe à beaucoup d’auteurs…


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

Concernant l’écriture proprement dite, je n’ai presque que des bons points à délivrer ! Le seul bémol serait peut-être à chercher du côté de cette incertitude qui vous gagne tout au long des semaines, lorsque vous avez envoyé votre manuscrit depuis quelques mois déjà aux éditeurs, et que vous attendez une réponse favorable. En fait, ce passage obligé représente pour moi une espèce de perpétuelle remise en question. Le manuscrit plaira-t-il à la M.E. ? 


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Pas de rituel précis en ce qui me concerne sauf le besoin de silence, même si j’écoute parfois de la musique de film avant d’écrire. Écouter pendant la rédaction, je ne sais pas faire, ça me perturbe, ou du moins me distrait. C’est comme parler en faisant un footing, impossible, je n’y arrive pas… Quant au lieu, j’écris en général dans mon bureau et parfois aussi sur mon pc portable dans la cuisine. J’écris quand c’est possible, en général le soir, mais ne dédaigne pas le matin ou l’après-midi !


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

Lorsque j’entame un roman, j’ai toujours cette bonne résolution : celle de faire un plan détaillé. Mais non, rien à faire, le naturel revient au galop et il faut toujours que je démarre sans garde-fou ! Le plus dur au début, ça a été d’écrire avec une « fausse bonne idée » en tête, puis de poursuivre sur 50 pages, bille en tête. Le genre d’idée vachement-super-bien-à-la-base mais qui se révèle pleine de chausse-trappe à la fin. En clair : avancer dans l’histoire et se rendre compte qu’il est impossible de relier tous les points mis en place durant 50 pages. Avec le temps, et surtout l’expérience, on parvient à canaliser tout ça… et à réduire ainsi le nombre de pages à jeter (ou à mettre de côté) ! Ainsi, je termine en ce moment mon quatrième roman et en amont, je n’avais pas rédigé de plan défini. Je pars souvent d’une scène que j’aimerais lire (en fait, j’emploierais plutôt  le mot « voir », parce que je pense et visualise les scènes en terme de cinéma), je débute également parfois sur une idée que j’aimerais exploiter ou sur une fin idéale que je souhaiterais… voir.

Je n’écris pas forcément toujours dans l’ordre chronologique non plus. J’écris avant tout selon mon inspiration, ce qui peut m’amener à rédiger un chapitre de milieu ou de fin de livre. Ça peut (doit ?) paraitre étrange, je le conçois, mais je ne parviens pas à faire autrement !   


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

Je suis un passionné de cinéma en général, de polar (dans le sens large) en particulier, toutes périodes confondues. Hitchcock, Lang, Clouzot, Friedkin, le cinéma des années 1940, 1950,1960, 1970, 1980… 

Me concernant, l’inspiration vient donc des films vus, c’est clair. Ce peut être un acteur, une scène, une action, peu importe, mais jusqu’à présent, je n’ai jamais pioché d’idées dans la vie de tous les jours. Nous sommes la somme de nos références. Les miennes proviennent de mes lecture et des films ingurgités des années durant. Mes écrits découlent de là. Je ne connais pas le syndrome de la page blanche. J’ai en fait plusieurs manuscrits en cours, certains plus ou moins avancés, ce qui me permet de passer des uns aux autres sans problème.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Elles ne sont pas tirées de faits réels, non. J’ai une anecdote concernant mon premier thriller « Les loups et l’agneau », qui a été écrit d’une manière plutôt particulière. J’avais rédigé en 2005 un pavé largement imbuvable (donc indigeste) de 800 pages, un roman d’espionnage / action / aventure non maîtrisé qui partait dans tous les sens, toutes les directions… mais surtout droit dans le mur. En lisant la « chose », ma femme m’avait très justement fait remarquer le fait que je pouvais facilement y puiser trois ou quatre histoires indépendantes. On y trouvait notamment quelques chapitres d’une fillette enfermée dans un réduit ainsi qu’un personnage de brute épaisse, Borg, qui n’interagissait pas avec elle. Ces deux individus, l’idée du réduit, de l’isolement, sont ainsi extraits de l’ADN du pavé. Et puis… une seconde raison pour « Les loups et l’agneau » : j’ai publié à compte d’auteur une nouvelle intitulée « Blind test » en 2016, récit par ailleurs primé au salon des mines noires de Noeux-les-mines en janvier 2017. Une histoire de captivité, un « captivity thriller » comme disent les américains. Bref, je n’aime pas spécialement me répéter, j’étais assez satisfait de la nouvelle mais j’avais aussi envie de me replonger dans ce type d’histoire. Je sentais que je pouvais développer l’idée d’enfermement sur un roman entier. Mais surtout apporter d’autres éléments en plus du côté introspectif de la nouvelle. Développer, exploiter davantage cette notion d’isolement avec plusieurs individus. « Les loups et l’agneau » découle de ces deux raisons.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Le plus difficile à écrire a certainement été le troisième, (et prochain à sortir), un roman choral et foisonnant qui prend place en 1986 et déroule son intrigue sur plus de 500 pages. De nombreux personnages à gérer, un récit plus complexe que les deux précédents et des recherches autrement plus conséquentes. Plus difficile, oui, mais ça ne veut pas dire que je n’ai pris aucun plaisir à l’écrire, bien au contraire !

Le plus simple, peut-être le second, « La méthode Venturi », qui est un polar humoristique et qui, au niveau de l’écriture pure, correspond davantage à mon caractère, à ma nature. Encore que…


Avez-vous une préférence pour un de vos romans ? Pourquoi ?

Non, pas du tout. J’ai autant d’affection pour les trois… et bientôt quatre romans écrits. Ils sont tous différents et puis, je n’aime pas écrire deux fois le même bouquin ; je ne saurais de toute façon pas faire.


Êtes-vous satisfait du « succès » de vos livres ?

On écrit clairement pour être lu. Et du plus grand nombre si possible. Maintenant, il faut aussi être réaliste par rapport à ce métier. Il me semble que 5% seulement des auteurs vivent de l’écriture en France. Donc beaucoup d’appelés pour très peu d’élus, c’est une réalité. À partir de là, il ne faut pas être amer, frustré… et il faut mieux garder son job à côté ! Chaque auteur a envie de « grandir », de toucher un plus large lectorat, ce qui est bien normal et je ne fais pas exception à la règle. Mes livres ont eu je pense, un succès modeste jusqu’à présent, mais je ne désespère pas de faire mieux la prochaine fois ! On se voit fin 2021 ?!


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Jamaaaaaaaaais !!!!! C’est une passion dévorante, je l’ai dit, qui peut parfois aussi être asphyxiante pour les personnes qui vous côtoient au quotidien mais comme toute passion, c’est en vous et vous ne pouvez vous en détacher. Parce que vous l’avez dans la peau.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

J’ai un troisième manuscrit déjà envoyé aux maisons d’éditions, un quatrième bientôt terminé… Quant aux dates de sorties, la situation actuelle est difficile, fragile pour les auteurs et compliquée pour les M.E, ce qui impacte les livres et leurs sorties retardées, repoussées. Dans ces conditions, difficile de se projeter. Je ne suis même pas certain que mon troisième thriller sortira en 2021, ce qui ne m’empêche pas de rester optimiste et de ne pas me complaire dans une posture d’auteur frustré !


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

Maison d’édition. Personnellement, même si je ne dénigre en aucun cas l’autoédition, j’ai besoin du regard de « l’autre », de l’œil du professionnel. J’ai besoin de me sentir légitime par rapport à ce métier, à cette passion. Et pour moi, ça passe forcément par une M.E. dont le métier est d’accompagner l’auteur. La publication d’un livre est collaborative. L’auteur et l’éditeur veulent la même chose : le meilleur livre possible. Et une bonne M.E. a clairement les outils pour aider l’auteur dans son parcours.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ?

Je lis, vous vous en doutez, principalement du thriller, du polar, et du roman noir. Je relis toujours avec plaisir les romans « à énigmes » des années 1920, 1930, de John Dickson Carr, d’Edgar Wallace, de S.S. van Dine, de Pierre Véry, d’Ellery Queen, mais je sors aussi du placard ( !) en lisant King, Koontz, Cussler, Lansdale, Lehane, M.Connelly, Christian Roux, J.H. Oppel, Dominique Forma, Chattam, Thilliez, Giebel, Saussey, Favan, Stieg Larsson, Jo Nesbo – et quantité d’autres qui ne peuvent être cités car il faudrait au moins dix pages ! 


Avez-vous d’autres passions ?

Mon autre grande passion est évidemment le cinéma, ce qui génère un énorme problème de place lorsqu’il faut ajouter dvds et blu rays aux livres déjà difficilement entassés dans les bibliothèques de la maison !


Un dernier commentaire ?

Un grand MERCI, Élodie, de m’avoir sollicité pour cette interview. Un autre MERCI également pour le temps que vous passez à donner aux « petits » auteurs besogneux que nous sommes une certaine visibilité ! J’espère avoir la chance de vous croiser en salon !


BIBLIOGRAPHIE

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