Sylvain PAVLOWSKI

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répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Avec plaisir Élodie. On peut peut-être se tutoyer non ? Je m’appelle Sylvain Pavlowski. Je réside en région parisienne dans les forêts Yvelinoises quand je ne suis pas en Charente-Maritime où je passe mon temps ‘libre’. Sinon, au-delà de la lecture et de l’écriture j’aime pratiquer la voile (en Bretagne) et la pêche (mais le No Kill… il faut rester politiquement correct en ces temps troublés). Je viens juste d’avoir 60 ans, même si dans ma tête, j’ai beaucoup moins que ça.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Certains te diront qu’ils ont toujours rêvé d’écrire, que ça s’est imposé à eux comme une espèce d’évidence et toutes ces choses quasi mystiques qui permettent de renforcer dans l’inconscient du lecteur l’idée que l’écriture est une sorte de foie indissoluble de l’écrivain, né pour ça. Ben pour moi, ça n’est pas le cas. J’ai toujours aimé écrire, mais je n’en ai pas eu l’occasion véritablement à cause d’une carrière qui ne laissait que très peu de temps pour souffler. Non, c’est plus récemment que j’ai décidé de me lancer. J’avais bien entendu déjà des pulsions et des projets que j’avais initiés sans jamais les terminer, et puis là, va savoir pourquoi, je me suis lancé avec l’écriture de mon premier techno-thriller, La Menace Blackstone. C’était il y a 5 ans environ.


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Tu sais, l’écriture c’est un truc assez fascinant. Ils sont nombreux ceux qui ont cette envie de mettre sur le papier leur histoire familiale ou de simplement raconter des histoires, d’exorciser des expériences personnelles douloureuses. Une chose est certaine, dans l’écriture il y a une dimension psychologique. Tous les personnages que tu crées en tant qu’auteur sont d’une manière ou d’une autre une partie de toi. Parfois ils en sont l’exact l’opposé, mais il y a un lien. Toujours. Ç’est une projection de toi-même dans le contexte du livre. Une alchimie assez inquiétante quand tu y penses.


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Non, pas vraiment. J’ai quelques synopsis qui traînent dans mon disque dur, quelques pages, débuts d’histoires qui verront peut-être le jour, mais aucun au fond d’un carton implorant de voir la lumière. Après j’écris un peu comme une tortue. Publier un livre pas an, ce n’est déjà pas si mal.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

Tout dépend de ce que contient la question en vérité. La différence entre un métier et une passion tourne souvent autour de la monétisation de l’activité. Si on se réfère au revenu tiré de l’écriture, c’est et ça restera très probablement une passion. En revanche, si le marqueur qui définit la frontière entre passion et métier c’est le temps passé, l’assiduité que requiert ce travail et l’investissement personnel pour produire un livre de qualité, alors, sans aucune hésitation, c’est un métier. Et j’ajouterais un métier exigeant. Je travaille entre 4 et 6 heures par jour à l’écriture. Donc c’est mon métier. C’est juste un métier pour lequel on a aucune visibilité financière. Mais c’est le cas de l’immense majorité ce ceux qui ont choisi cette voie.


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

L’écriture engendre une grande solitude, intellectuelle et physique. Imagine être tiraillé entre un monde réel, avec ses obligations et ses difficultés, et un monde imaginaire dans lequel il te revient de créer les décors, les personnages, les relations entre eux et l’intrigue. C’est presque impossible de fermer ton pc et de te dire que tu y reviendras demain. Quand tu es dans l’écriture, elle te suit partout, dans ta voiture, en rendez-vous, pendant tes dîners et même dans ton sommeil. Et personne ne peut le faire pour toi. C’est le mauvais côté. Pour les personnes fragiles, l’écriture pourrait favoriser le repli sur soi et la perte de repère avec le monde extérieur. Il faut rester vigilant.

Les bons côtés sont multiples (heureusement). Mais le plus excitant c’est quand même de recevoir des retours de lecture enthousiastes de lecteurs conquis par ton travail. C’est finalement le but ultime des auteurs : partager leur univers et distribuer des tranches (même minime) de plaisir.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ? Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

Je suis un homme d’habitudes. Certains écrivent sur leurs genoux dans le RER, ou au son d’un album de métal. Je les envie. Pour moi c’est le cadre de mon bureau, dans un calme absolu. J’ai besoin d’une bulle pour pouvoir travailler. Je produis en général l’après-midi. Chez-moi, les séances sont cadrées sur un rythme précis. Relecture obligatoire de la production de la veille pour valider que ça tient la route. Parfois, la bonne idée de la veille ne survit pas à une bonne nuit de sommeil… Ensuite, je reprends une partie au hasard que je relis. Tu vois, l’un des problèmes de l’écriture sur une assez longue période (un bouquin, ça prend une année à peu près pour voir le jour), c’est de conserver le ton général de l’histoire. Tu dois coller à ton histoire, mais avec le temps, ton humeur, ton quotidien, les saisons, tout est différent entre l’intro et le mot FIN. Donc, s’imprégner en relisant avant de se lancer.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

C’est une très bonne question. Mes livres pour la plupart traitent de sujets qui me touchent ou m’émeuvent. Ce sont parfois des questions plus globales comme les mutations à venir dans nos sociétés telles que les intelligences artificielles, les bitcoins, les migrants, l’impact des réseaux sociaux… je n’ai jamais souffert de manque d’inspiration. Parfois on l’est plus ou moins, mais je crois qu’il est essentiel pour les lecteurs de comprendre que l’écriture n’est pas une sorte de lumière divine qui vient vous éclairer et vous inspirer. Non, au risque de casser le mythe de l’écrivain possédé par la folie créatrice, c’est surtout un travail de préparation et de recherches, lent, structuré, précis. Certains font des plans très détaillés, d’autres non, mais dans tous les cas, l’histoire est déjà dans leur tête. Il y a finalement peu de spontanéité dans l’écriture. Une fois le livre terminé vient la phase de réécriture et de correction. Le résultat final est le produit de nombreuses heures de travail et de recherches. L’inspiration vient sans doute dans l’élaboration initiale des personnages, de l’histoire. C’est 10% du travail… au mieux.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Jamais. C’est purement imaginaire, souvent relié à l’actualité certes, mais imaginaire. Dans Croyances de Sang, on suit l’itinéraire d’un jeune Pakistanais qui migre vers l’Europe. En cela l’actualité a été décisive. Sauf pour Du Sang sur le Pavé, livre que j’avais décidé d’écrire pour donner aux lecteurs une vision des évènements de mai 68. Je voulais créer une histoire dans l’Histoire.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Pas vraiment. Peut-être Croyances de Sang. C’était mon second bouquin et tu as la pression parce que tu ne sais pas si ton premier livre était une sorte d’ovni et que tu n’as plus grand-chose à raconter ou si au contraire tu es capable d’en écrire deux ou trois ou dix… Donc, oui, plus de difficultés à écrire Croyances de Sang.


Avez-vous une préférence pour un de vos romans ? Pourquoi ?

Oui, j’aime particulièrement Du Sang sur le Pavé, mon livre qui se passe pendant mai 68. Je trouve qu’il est un peu plus ‘littéraire’, on est moins dans l’action. L’intrigue est mise au service du contexte social dépeint dans le livre. On y parle de la jeunesse de l’époque, de ses rêves et de ses espoirs. J’ai vraiment tenté d’expliquer comment on en était arrivé à la grève générale et la paralysie totale du pays, en partant d’une simple manifestation estudiantine autour de la Sorbonne.


Êtes-vous satisfait du « succès » de vos livres ?

Vaste sujet. J’ai choisi l’autoédition en pensant que la dématérialisation des processus d’édition permettrait de toucher un large public. Ça n’est que partiellement vrai. Le monde de l’édition est très bien structuré pour empêcher que l’autoédition puisse véritablement fonctionner. Les prix littéraires ainsi que de nombreux salons sont réservés aux auteurs édités par une ME. Il faut y voir une volonté des éditeurs de se protéger de la montée en puissance de l’autoédition. C’est sans doute une bataille perdue d’avance, mais c’est une évidence. J’aime bien l’idée d’avoir le contrôle sur ma production, de l’écriture à la mise en page en passant par le choix de la couverture. Mais cette liberté à un prix. Manque de visibilité, discrimination en ce qui concerne l’accession aux manifestations auprès du public, refus presque systématique des librairies d’accueillir des auteurs autoédités. À leur décharge, une large partie de la production autoéditée est une horreur. Des bouquins truffés de fautes d’orthographe, de syntaxe… De quoi réduire l’autoédition à quelques livres dont les ME n’auraient pas voulu, alors qu’il s’agit pour de nombreux auteurs de grande qualité un choix assumé.

Pour répondre à ta question sans langue de bois. Mes livres se vendent à quelques milliers d’exemplaires (majoritairement au format électronique) et j’en suis très heureux, mais je pense que l’autoédition souffre pour les auteurs d’un plafond de verre qu’il est impossible de franchir.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Presque tous les jours  🙂

 Puis je me remets à ma table de travail et c’est reparti. Une chose est certaine, écrire impose deux choses. Avoir une volonté de fer et montrer une forte résilience. S’astreindre à coucher sur le papier une histoire, mot après mot, sans même savoir si elle verra le jour, demande une forme de courage. Puis les retours, quelquefois flatteurs, parfois inexistants, occasionnellement durs, voir méprisants, de certains lecteurs, ont raison de toi. Puis, les personnages t’interpellent et tu replonges…


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

Oui. J’ai terminé un nouvel épisode des aventures de mon personnage fétiche, le commandant Pauline Rougier. Il sera publié soit en autoédition en juillet ou alors un peu plus tard en novembre. Sinon, je vais sans doute terminer un ‘one shot’ d’ici septembre, pour la rentrée littéraire, juste à temps pour le Goncourt… ou pas 🙂


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

J’ai déjà répondu.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ?

Si je me suis lancé dans l’écriture, c’est sans doute grâce (ou à cause) de Michael Connelly. Je suis un fan inconditionnel de l’inspecteur Harry Bosch. Je lis beaucoup. J’ai eu ma période SF. Bordage, Orson Scott Card, David Weber, Glen Cook, Franck Herbert, Asimov. Puis j’ai plutôt glissé vers le policier/Thriller avace Henning Mankell, Kellerman, Jo Nesbo.

Connelly et Mankel sont des classiques pour moi. En tout cas dans le registre du thriller et du roman noir. La force de ces œuvres est d’être non seulement une description au vitriol de notre société et de ses travers, mais c’est aussi d’une grande richesse d’un point de vue des personnages. Il me semble que c’est la raison même de la littérature noire, même si beaucoup ne la considère pas en tant que telle. Il subsiste une ostracisation encore bien ancrée du roman policier.


Avez-vous d’autres passions ?

Je suis hors du marché du travail, un jeune retraité pourrait-on dire. Et oui, j’ai des passions que je t’ai mentionnées plus tôt. J’ai eu une vie professionnelle intense et je dois dire que l’écriture est un bienfait qui impose de se poser et de prendre du recul.


BIBLIOGRAPHIE

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