Magnus LATRO

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répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Je suis journaliste, en presse hebdomadaire régionale, depuis un peu plus d’une vingtaine d’années. Je m’occupe maintenant de journaux dans le Sud-Ouest, comme éditeur dans un grand groupe de presse. Je suis Vendéen, j’ai travaillé en Picardie, en région parisienne, en Bretagne, en Mayenne, en Loire-Atlantique, en Vendée, toujours dans la presse locale. Je suis marié. J’ai cinq enfants. Magnus Latro est un pseudo. Je tiens à séparer mon activité de journaliste de celle d’auteur de fictions.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

J’ai toujours été passionné de littérature. Je dévore des livres depuis tout jeune. Je n’avais pas particulièrement envie de devenir écrivain. Exigeant dans mes lectures, je plaçais la barre au niveau de mes auteurs. J’avais aussi sans doute un peu le sentiment de ne pas avoir le niveau. Comme journaliste, c’est avant tout la transmission de l’information qui m’intéresse : aller la chercher, rencontrer des gens, vérifier et la mettre en forme pour la partager.


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

C’est l’envie de raconter des histoires, en faisant passer les sensations et les sentiments qui les rendent vivantes, qui me fait écrire. J’aime que l’écriture soit efficace, précise. Sans doute qu’un psy irait extraire une blessure de l’enfance de mon subconscient. Mon prof de Français de seconde avait inscrit sur mon dossier scolaire : « analphabète ». J’avais trouvé ça injuste. Il faut croire que j’ai voulu lui donner tort.


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Je traîne un manuscrit depuis au moins 20 ans. Il est presque achevé, du point de vue de l’histoire. Il me manque la chute. Je l’ai relu il y a peu et j’aurai aussi pas mal de travail de réécriture dessus… Il sera publié un jour, si Dieu me prête vie, comme on dit. Mais mon travail me laisse peu de temps.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

L’écriture, c’est mon outil de travail. Heureusement j’aime ça. De toute façon, je n’ai pas le choix, je passe ma vie à enchaîner des mots, à formuler des phrases, à relire, corriger, publier.


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

Le bon côté, c’est que je n’ai pas d’effort particulier à fournir pour écrire. Dès lors que je sais ce que je veux raconter, je le formule sans difficulté. Ce qui me rend les choses plus difficiles, donc le mauvais côté, tient à ce que je suis exigeant. Je dois me relire et je peux bloquer sur des tournures dont l’aspect me déplaît.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

J’écris mes romans quand j’en ai le temps. Dès lors que l’inspiration est présente, la machine s’ébranle et je déverse sur le clavier tout ce que je peux, jusqu’à ce que je n’aie plus rien à écrire. En deux ou trois heures, je boucle un chapitre. Je peux tout à fait m’extraire du bruit. C’est l’habitude des salles de rédaction. Mais je n’aime pas écouter de la musique. Je trouve que ça fausse celle des mots. Et les sentiments que déclenche la musique interfèrent avec ceux que le récit est supposé suggérer.


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

J’allume mon PC. Je lance mon logiciel de traitement de texte. Je lis les précédents chapitres et j’écris. Je m’efforce de définir une trame. Je commence par rédiger un synopsis, assez précis. À ce moment-là, je connais la fin de l’histoire. Mais je dois réécrire ce plan tous les deux ou trois chapitres, y compris la fin. Je suis incapable de contrôler mes personnages.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

Mon inspiration me vient de la vie. J’observe. Je ne peux pas m’empêcher d’imaginer la vie des gens, pour comprendre ce qui les meut. Ma position de journaliste m’oblige à chercher à comprendre les évolutions de la société.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Rien de ce que je peux écrire ne s’est jamais produit d’une manière ou d’une autre ou ne pourrait pas se produire. Je baigne dans la réalité Il n’y a que ça qui m’intéresse. Je fais du Légo avec des faits que je lie et que je délie, en les plaçant dans un contexte. Mes personnages, je les ai croisés. Je les connais, je les ai observés.


Y’a t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

La fabrique des bâtards n’aurait jamais dû aboutir, parce que l’histoire était casse-gueule : la coparentalité partagée, un enlèvement d’enfant. On était dans le contexte des débats sur la Loi Taubira. Tout le monde s’envoyait des invectives à la figure. À un moment, je me suis trouvé à sec. Puis il s’est produit un événement dans ma famille. Un de mes enfants s’est trouvé impliqué dans une mécanique qui m’a révulsé. Je ne peux pas en dire plus. Mais ça m’a contraint à m’atteler à nouveau à ce livre.


Avez-vous une préférence pour un de vos romans ? Pourquoi ?

Le dernier, je l’aime bien. Et il y a celui que je ne parviens pas à achever. Il me ressemble plus. C’est difficile à exprimer. Sans doute est-ce que lorsqu’un livre est terminé, il ne m’appartient plus. Je l’ai extrait de moi. Je ne vis plus avec. Il m’arrive même de ne plus me souvenir de ce que j’ai écrit.


Êtes-vous satisfait du « succès » de vos livres ?

Non. J’imagine que l’on voudrait toujours toucher plus de monde. C’est un réflexe d’éditeur de presse. J’ai toujours le nez sur les audiences du site Internet et sur les ventes des journaux. On écrit pour être lu. Écrire, c’est avoir des choses à dire et donc on s’attend à ce que le plus de monde possible le reçoive.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Je ne peux pas arrêter, au moins en qualité de journaliste, c’est mon métier. Mais comme l’écriture journalistique est très frustrante, parce qu’elle doit coller à la réalité de manière chirurgicale, j’ai besoin de fictions pour en sortir. C’est une forme de thérapie.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

Je suis à 10 % de la suite de Varcolac. Un peu plus. Je vise une sortie au printemps 2022. J’ai envie de savoir ce qui va se passer et j’ose espérer que mes lecteurs partagent ce désir. Ensuite, j’achèverai mon manuscrit inachevé… Ou pas.


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

Autoédition. Et si une maison d’édition trouve un quelconque intérêt à mon travail, on pourra en discuter. Mais je n’ai pas envie de courir après un éditeur.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ?

Je lis beaucoup. Des romans, de la politique, de la philosophie, de la presse. J’alterne littérature classique, pour la beauté de la langue et sa complexité, thrillers, polars, romans historiques, biographies… La science-fiction, aussi. Mais ni romance, ni feel-good.


Avez-vous d’autres passions ?

Ma famille, le rugby, le surf, la voile, la moto, la pêche, la nature, la cuisine, les amis… Et, j’ose à peine le dire, la chasse, notamment à l’arc. Ce n’est pas ce truc horrible de meurtriers sanguinaires que ses opposants décrivent. Elle est très présente en littérature, parce qu’elle illustre la dramaturgie qui régit l’histoire de l’humanité – la vie, la mort, l’amour – et qu’elle est inscrite dans nos gènes, qu’on le veuille ou non.


Un dernier commentaire ?

J’ai découvert le monde de l’autoédition par hasard, quand j’ai décidé de publier la Fabrique des bâtards. J’ignorais complètement ce foisonnement. Je l’entrapercevais comme journaliste, quand tombaient sur mon bureau les livres d’auteurs locaux. Je trouve cet univers fascinant, parce qu’il est en complet décalage avec l’édition, connecté à ses lecteurs et parfaitement libre, même si je trouve que beaucoup succombent aux modes de l’instant. Le plus étonnant dans tout ça, ce sont les chroniqueuses/blogueuses/critiques, dont vous faites partie. J’aimerais tant que les journalistes professionnels de la critique littéraire aient autant de passion pour les livres.


BIBLIOGRAPHIE

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