Estelle TOLLIAC

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répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Je suis l’autrice de deux romans, Noir de Lune et Bleu de Lune, qui forment la duologie lauréate en 2020 du prix du roman 20minutes, parrainé par Maxime Chattam.

Ce sont mes premiers romans publiés et remporter ce prix a été une véritable révolution dans ma vie : il m’a donné accès à l’édition « traditionnelle », à compte d’éditeur, celle dont tous les écrivains ou presque rêvent, celle qui est quasiment inaccessible pour un jeune écrivain. J’attendais une telle opportunité depuis longtemps.

Sinon, mon activité principale est d’enseigner la langue française et la littérature, puisque je suis professeure de français en collège. Je suis agrégée de Lettres Modernes.

Et n’oublions pas que je suis également maman de deux enfants encore jeunes, ce qui fait que j’estime vivre trois vies en une. Ce n’est pas toujours facile mais au moins, on peut dire que je ne m’ennuie pas !


Vouliez-vous devenir écrivaine quand vous étiez petite ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Dès que j’ai commencé à savoir lire et écrire, j’ai été à l’aise et heureuse parmi les mots. Vivre au milieux d’eux, les manipuler, les connaître et d’une certaine manière, les collectionner a toujours été une évidence pour moi. Ma maîtresse de CP a dit à mes parents que je serais un jour écrivaine. Je ne m’en rappelle pas directement, mais cette « prophétie » m’a toujours habitée. J’ai toujours lu et écrit. Pour moi ces deux activités sont consubstantielles.


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Je dirais que c’est lire beaucoup, de tout, tout le temps qui m’a donné envie d’écrire. J’ai toujours adoré le sentiment de liberté, le pouvoir de rêverie, les émotions procurées par les livres et plus généralement les œuvres de fiction. Je suis boulimique de romans, de BD, de manga, de cinéma, de série. Je m’en nourris quotidiennement. Et je me suis toujours dit « Moi aussi, je veux créer mon propre monde, embarquer des lecteurs dans mon imaginaire. »


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Noir de Lune et Bleu de Lune sont mes deux premiers romans achevés. Ils ont représentés une somme de travail conséquente, qui s’est étalée sur environ dix années de ma vie, presque quinze, si on compte le temps pour parvenir à leur publication. Plusieurs autres manuscrits sont proches de l’achèvement et ont reçu un fort coup d’accélérateur maintenant que la porte de l’édition s’est entrouverte pour moi, mais rien n’est encore acté côté publication.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

L’écriture est une passion, presque un mode de vie. J’écris dans mes loisirs comme d’autres font du footing ou de la randonnée. C’est en train de devenir une activité complémentaire à mon métier de professeure, mais je n’envisage pas, pour le moment, d’arrêter l’enseignement. Et de toute façon, ce n’est pas la publication de mes premiers romans, même s’ils ont plutôt bien marché pour une autrice débutante, qui pourrait me permettre d’en vivre ! Je crois bien que très très peu d’auteurs vivent de leur plume…


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

L’écriture est un défouloir, un exutoire puissant. J’écrivais bien avant la crise sanitaire mondiale mais c’est vrai que cela m’offre une évasion aux misères du quotidien, un équilibre.  

Terminer un roman et parcourir tout le chemin jusqu’à le voir devenir un livre dans un rayon de librairie ou de bibliothèque, c’est une expérience qui m’a apporté un sentiment d’accomplissement intense.

Dans le même temps, l’écriture est une activité âpre, rude et solitaire. On doute, on tourne en rond parfois. Je peux passer plusieurs semaines à buter contre un chapitre ou un passage. A chaque fois, j’éprouve l’angoisse de ne pas y parvenir, de ne jamais finir. Et puis la magie opère à nouveau et c’est reparti pour un cycle d’écriture féconde et exaltante.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Quand j’étais jeune adulte, étudiante, par exemple, j’adorais écrire toute la nuit, de manière très romantique, et aller me coucher aux premières lueurs du jour, presque fiévreuse.

Mais maintenant, j’ai beaucoup plus de contraintes, entre le travail et la vie de famille. Trouver du temps pour écrire est un challenge particulièrement coriace car j’ai besoin que cela soit régulier. En fait, je me bats avec moi-même et mon organisation pour me dégager des petits moments… que je prends donc quand ils se présentent, sans rechigner. J’écris souvent en soirée, quand les enfants sont couchés, mais en vérité, il m’arrive aussi de le faire parfois en pleine journée, dans le brouhaha familial. J’ai développé avec le temps la capacité de me concentrer même au milieu des machines qui essorent et du petit dernier qui chantonne ou se dispute avec sa grande sœur, avec T’choupi en fond sonore et le chien qui jappe après le chat. J’y arrive, mais cela demande beaucoup d’énergie. Cependant, même si ce n’est pas l’idéal j’aime mieux cela que de ne pas pouvoir écrire du tout. J’ai parfois arrêté dans ma vie d’écrire et j’étais trop malheureuse, alors j’ai décidé de le faire de front avec ma vie de maman et de prof.


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

J’ouvre un nouveau cahier par projet de roman. En tout début d’écriture, cela me permet de prendre quelques notes manuscrites sur les grands axes de l’intrigue, ou de poser des informations sur des personnages, un peu comme des fiches. Mais l’essentiel se passe à l’ordinateur, où j’écris presque sans filet. Mon process est en fait dans ma tête : je peux rêver à une histoire, à un nœud d’une intrigue ou à un passage pendant des mois voire des années. Je me l’imagine, je le mûris, je me le passe et repasse dans la tête jusqu’à ce que je me sente prête, et peut-être même « appelée » à l’écrire. Et là, les choses sortent assez facilement, et je me rends compte que je retouche assez peu après cela.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

Je puise mon inspiration dans tout ce que je lis, ou voit, quand il s’agit de cinéma. Quand l’inspiration ne vient pas (eh oui, ça m’arrive !) je me jette encore plus dans la lecture ou les séries et films. Cela fonctionne par phase. Je vais me nourrir, m’abreuver à d’autres sources, comme pour revivifier mon imaginaire et hop, je me remets à l’écriture.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? 

Je crée de la fiction, j’invente. Par exemple Noir de Lune et Bleu de Lune appartiennent au genre de la fantasy. J’y ai imaginé un monde totalement étranger au nôtre, « le Continent ». La cartographie, les peuples, les coutumes, les langues y sont différents de ceux de notre monde, même s’ils rappellent notre Moyen-Age. En revanche, là où je m’inspire le plus étroitement de la réalité, c’est pour le caractère de mes personnages. J’essaie de leur donner une authenticité, une profondeur, une cohérence psychologique pour lesquelles je m’appuie sur des modèles humains. Certains de mes proches seraient bien surpris de savoir qu’un ou plusieurs traits de leur caractère m’ont directement inspiré l’aspect d’un personnage.

Cependant, il ne faut pas se tromper. Même si on invente un univers, ce que vivent les personnages, leurs rapports entre eux, leurs émois, leurs problèmes ne parlent jamais… que de nous. J’ai par exemple donné une coloration très féministe à mon intrigue, en présentant des personnages féminins et même masculins qui sont tous en lutte pour la conquête de leur liberté, de leur indépendance : il y a la princesse que l’on a fiancée avant sa naissance et qui s’interroge sur son libre arbitre, la jeune fille fougueuse qui manque en réalité de confiance en elle et cherche sa place dans la vie… Mes héros (et même les méchants) sont des humains complexes, avec leurs failles et leurs grandeurs. La fiction me permet donc en réalité d’évoquer le monde réel.


Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

J’ai besoin d’évasion et j’aime tout ce qui a trait à l’imaginaire, mais j’écris aussi avec mes tripes et mon propre rapport au monde. Ainsi, c’est presque malgré moi que mes romans ont cette fibre féministe : la place des femmes dans la société est un sujet tellement important dans ma vie de tous les jours qu’il transparaît dans mes écrits. On écrit avec ce qu’on est.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Un livre non, mais je pense à certains passages. Dans mes romans, il y a des scènes de bataille et de guerre qui sont très épiques. Les chapitres, notamment dans Bleu de Lune, qui décrivent des affrontements colossaux, le fracas des armées entières qui s’affrontent, les tactiques militaires mises en jeu et les destinées individuelles des personnages qui y prennent part ont été des défis réels à écrire. C’était pour moi de gros morceaux qui m’ont donné parfois bien du fil à retordre. Mais c’était aussi passionnant !


Avez-vous une préférence pour l’un de vos romans ? Pourquoi ?

Je ne sais pas encore si d’autres seront publiés, donc pour le moment, Noir de Lune et Bleu de Lune sont mes préférés : les seuls dont je peux toucher concrètement la couverture dans mes étagères. Cela n’a pas de prix !


Êtes-vous satisfaite du « succès » de vos livres ?

Oui, même si le monde de l’édition est complexe à appréhender et que je n’ai pas encore les chiffres exacts de mes ventes, je suis heureuse d’avoir pu toucher beaucoup de gens. Peu m’importe le nombre d’exemplaires vendus réellement. Ce qui m’enrichit, c’est l’explosion inattendue des échanges avec les lecteurs. C’est le plus bel aspect pour moi de la publication : l’aventure humaine formidable qui en découle, pour peu qu’on aime dialoguer, en vrai ou sur les réseaux.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Oui, j’y ai été contrainte par ma vie, parfois : par exemple au moment de la naissance de mes enfants, ou encore quand j’ai dû préparer des concours pour devenir enseignante. Evidemment, la vie se construit et nous contraint parfois à suspendre une activité. Néanmoins, je suis toujours revenue à l’écriture après ces moments de pause.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

Des projets, j’en ai plein ! Je dirais que je me sens capable d’écrire des romans jusqu’à la fin de mes jours. Plus concrètement, je suis en cours d’écriture d’un « prequel » de Noir de Lune. Beaucoup de lecteurs aimeraient une suite… et moi j’avais envie de rester dans l’univers que j’ai créé et de me plonger dans le passé des personnages. Cependant, une suite est également en projet. Quant à la publication et à une date eh bien… ce sera à mon éditeur de décider quand je lui soumettrai mes prochains manuscrits.

Et puis il y a aussi l’écriture poétique : je pense que la poésie a encore sa place dans notre monde, qu’elle est toujours aussi utile et nécessaire car elle permet de réenchanter nos vies, de les rendre belles et lumineuses, là où ce que nous vivons est parfois hélas triste et laid. Cependant, elle a besoin de s’adapter, d’évoluer. Je crois qu’un réseau social comme instagram, mais c’est vrai des autres aussi, peut être un espace moderne d’expression poétique. J’appelle cela « la poésie instagramable » ! J’ai créé un défi qui se nomme « 1 an de tolliacismes », dans lequel je suis en cours, et qui consiste, depuis le 28 octobre 2020, à publier un petit poème d’une forme proche de l’acrostiche tous les jours. Nous arrivons à la fin du mois d’août et j’ai tenu bon depuis dix mois ! Je ne suis pas peu fière et vous invite à suivre ce rendez-vous tous les soirs sur mes réseaux.


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

J’ai eu la chance de trouver un maison d’édition dotée d’un très fort outil promotionnel. « Les Nouveaux Auteurs » permettent de bénéficier du soutien d’un très grand groupe de presse, le groupe Prisma Media, auquel appartiennent de grands magazines très connus, qui ont donc participé à ma promotion. J’ai vu des pubs en page entière pour mes romans dans Femme Actuelle, Géo, et le quotidien 20minutes, organisateur du prix que j’ai remporté. C’est assez exceptionnel ! Et ne parlons pas du parrainage bienveillant de Maxime Chattam : on peut trouver des vidéos où il parle de mes romans et du prix. C’est magique !

Tout cela fait que je n’ai même pas eu à me poser la question de l’auto-édition.


Quelle relation avez-vous avec les lecteurs ? Échangez-vous régulièrement avec eux ? Proposez-vous des services presse pour faire connaître vos romans ?

Mes romans sont sortis à des périodes où les librairies étaient fermées pour cause de crise du Covid. J’ai donc énormément développé ma présence sur les réseaux, depuis un an environ et le début de toute cette aventure pour moi.

Je nourris mes comptes facebook, instagram et twitter de manière quotidienne. Je développe des partenariats, je discute, je prends des contacts dans le monde du « bookstagram », je propose des SP à raison de plusieurs heures par jour, je publie de la poésie. Eh oui… être publiée et vouloir faire vivre ses romans est un boulot à plein temps ! J’ai même suivi des masterclass en ligne sur les réseaux sociaux. J’ai été aussi conseillée par ma maison d’édition et j’ai pu apprendre beaucoup de certains internautes qui m’ont donné des ficelles avec beaucoup de gentillesse et de bienveillance.

Depuis cet été, il a été possible d’organiser à nouveau des séances de dédicace, chose qui n’était pas possible à la sortie de mes livres. Après plus de six mois de rencontres possibles uniquement en virtuel, j’adore désormais aller à la rencontre des lecteurs physiquement.


Quel livre auriez-vous aimé écrire ? Pourquoi ?

Le Parfum, de Suskind… Mettre en mots toutes ces odeurs… j’ai trouvé ça magique et fou !


Avez-vous d’autres passions ?

En dehors de la lecture, de l’écriture, du cinéma, de mon métier et de ma vie de femme et de maman, j’avoue que non : les journées n’ont déjà pas assez de 24h !


Un dernier commentaire ?

Je suis la preuve vivante qu’on peut-être une anonyme de province (j’habite en Haute-Savoie…) et n’avoir aucun réseau personnel, aucune connaissance dans le monde de l’édition et y arriver quand même, alors pour ceux qui nous lisent, qui voudraient écrire et qui perdent parfois l’espoir : souriez et acharnez-vous ! C’est possible !


CONTACTER L’AUTEUR

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BIBLIOGRAPHIE

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