CHRISTOPHE VASSE

répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Je m’appelle Christophe VASSE, j’ai 47 ans, deux enfants, j’écris des polars et des thrillers, dont trois ont été édités à ce jour, aux éditions Nouveaux Auteurs. Le premier, « Celle qui ne pleurait jamais », a reçu le Prix du Polar Femme Actuelle en 2017. Le dernier, « Celle qui ne pardonnait pas », est sorti en juin 2021. Comme « vrai métier qui rapporte vraiment de l’argent », j’étais ingénieur dans l’aéronautique, mais suis aujourd’hui en reconversion professionnelle dans la comptabilité.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Pas du tout, je voulais être astronaute ! J’ai commencé à écrire vers 30 ans, des nouvelles tout d’abord, puis un premier manuscrit autour de l’univers du peintre Jérôme Bosch.


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

C’est justement un livre sur ce peintre, dont je ne connaissais alors pas l’œuvre, qui a tout déclenché. Je suis un jour tombé sur ce livre, qui traînait à la maison mais que je n’avais jamais pris la peine d’ouvrir, et j’ai immédiatement été fasciné par son univers. En découvrant ses toiles, une histoire m’est venue, dont j’ai couché les grandes lignes sur le papier. Au départ, je la destinais plutôt à mon ex-femme, qui à l’époque ne travaillait pas et pouvait se libérer du temps pour écrire, mais elle a retrouvé du travail, et je me suis donc retrouvé avec cette histoire « sur les bras ». Je la trouvais vraiment bonne et ne pouvait pas me résoudre à la laisser au fond d’un tiroir. Alors, je me suis mis à l’écrire. Dès que les premiers mots sont sortis, il s’est passé quelque chose. C’est difficile à expliquer, mais c’était vraiment comme une révélation, une chose que vous avez inconsciemment cherchée toute votre vie et sur laquelle vous tombez complètement par hasard. Quand j’ai commencé à écrire, j’ai ressenti un plaisir intense, et j’ai vite compris qu’écrire serait dorénavant essentiel pour moi, un besoin vital, comme celui de boire ou de respirer.


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

J’ai écrit six manuscrits en tout, dont deux sont au chaud dans des tiroirs, et un troisième entre les mains de mon agent. Pourquoi les deux premiers n’ont pas trouvé preneur ? Difficile à dire… Lorsque vous soumettez un manuscrit à des maisons d’édition (à l’époque où j’ai proposé ces manuscrits, je n’étais pas édité), vous avez très rarement des retours de lecture. Si je devais donner mon avis personnel sur ces deux manuscrits, je dirais que pour l’un, il faudrait reprendre l’intrigue pour la rendre plus solide ; pour le second, éliminer quelques longueurs car il fait l’équivalent de deux romans, ou bien en faire une histoire en deux parties, ce qui est plus compliqué à faire accepter à un éditeur.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

Grande question… C’est avant tout une passion, mais de toute passion, on aimerait faire son métier, je crois que c’est assez naturel. Cependant le métier d’écrivain n’est pas le plus rémunérateur, ce qui oblige très souvent les écrivains à en avoir un autre, ce que je trouve assez injuste, mais c’est ainsi. Au tout début, j’étais obnubilé par l’envie de ne faire que ça et de vivre de l’écriture, mais ça ne m’a rendu ni heureux, ni mis dans de bonnes dispositions pour écrire. Aujourd’hui, je suis plus lucide. Je suis d’un naturel très tenace, donc je continue de croire que je pourrai un jour vivre de mes écrits, mais pour l’instant, je considère l’écriture avant tout comme une passion, et ensuite comme un second métier qui me permet d’avoir un peu d’ « argent de poche »…


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

Je vais commencer par celui que je considère comme le plus difficile d’entre tous : la solitude. Quand je me lance dans une histoire, je sais que je suis « seul » avec elle pendant plusieurs mois car personne ne la lit à mesure que je l’écris (c’est un choix personnel). Donc je n’ai aucune idée de la façon dont elle sera reçue, si ce que j’écris est bon, ou franchement mauvais, et c’est extrêmement frustrant de ne pas pouvoir partager les sentiments que l’histoire fait naître en vous, que ce soit le plaisir, l’abattement, l’incertitude… Ce qu’il y a de plus beau dans l’écriture, c’est la liberté. Elle est presque absolue : vous écrivez les histoires que vous voulez, vous inventez les univers que vous voulez, vous faites vivre à vos personnages les vies que vous voulez. Vous avez parfois l’impression d’être un dieu, et c’est à peine exagéré. Il n’y a qu’une seule limite : celle de votre imagination.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Pas vraiment, non, j’écris quand j’ai du temps libre. J’écris le plus souvent chez moi, mais j’ai déjà écrit dans un bar ou un restaurant, à partir du moment où il n’y a pas trop d’agitation extérieure, cela me convient très bien. Je suis un gros dormeur, donc je n’arrive pas à écrire la nuit, ni très tôt le matin ! Donc c’est le plus souvent après le travail et les week-ends. J’évite d’écrire en musique car j’adore la musique, et quand j’en écoute, soit je chante soit je suis à fond dans ce que j’écoute, de coup j’ai du mal à me concentrer sur mon écriture ! Par contre, je peux mettre une ambiance en fond sonore, par exemple une ambiance de restaurant quand j’écris une scène qui se passe dans un restaurant, ou les sons de la ville lorsque j’écris une scène qui se passe dans un appartement ; il existe une multitude de sites Internet sur lesquels trouver ces fonds sonores d’ambiance.


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

Je travaille d’abord sur le scénario de mon histoire jusqu’à avoir le détail de mes scènes du début à la fin, donc contrairement à d’autres auteurs qui se lancent sans savoir où ils vont, ce que je suis incapable de faire, je connais dès le début toutes les étapes de mon histoire. Ce qui ne m’empêche pas d’ajouter ou supprimer une scène, faire intervenir un nouveau personnage, mais globalement, avant de réellement écrire les premiers mots de mon histoire, j’ai toutes les scènes couchées sur le papier.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

Les sources d’inspiration sont multiples : un article de magazine, une info captée à la télé ou sur Internet, une musique, l’une des dernières histoires que je projette d’écrire m’est venue en regardant l’interphone de ma résidence ! Il n’y a pas réellement de moments où elle ne vient pas, mais plutôt des moments où il est difficile de travailler sur une histoire en particulier, comme c’est le cas en ce moment… Cela peut par exemple être lié à la construction d’une intrigue pour laquelle j’ai quelques bons éléments, mais que je n’arrive pas à assembler pour obtenir quelque chose qui tienne la route. Depuis plusieurs mois, je travaille sur une histoire dont l’intrigue me donne beaucoup de fil à retordre, mais entretemps une autre histoire est venue, puis une seconde est en train de pointer le bout de son nez. Donc l’inspiration est bien là, mais l’écriture en elle-même reste compliquée.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? 

Mes histoires sont de la fiction pure, et j’y injecte rarement des anecdotes personnelles. De mon point de vue, la littérature doit permettre de s’évader, donc raconter des histoires éloignées de la réalité quotidienne.


Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Ma réponse rejoint une question précédente : rien ne me « pousse » à choisir ces sujets, si ce n’est l’inspiration. Lorsqu’une histoire vient, je l’écris, simplement pour le plaisir de la partager.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Elle n’a pas encore été écrite, mais je dois dire que la suite de « Celle qui ne pardonnait pas » me donne du fil à retordre ! À l’inverse, l’écriture de mes deux premiers manuscrits, dont le tout premier, « La porte de Bosch » (paru aux éditions Nouveaux Auteurs en 2019), a été relativement aisée, même si ce sont peut-être ceux qui m’ont demandé le plus de recherches.


Avez-vous une préférence pour l’un de vos romans ? Pourquoi ?

Pas vraiment une préférence, mais une affection particulière pour le tout premier, « Le porte de Bosch », puisque c’est lui qui m’a insufflé la passion de l’écriture. J’aime son ambiance, j’aime l’univers de Jérôme Bosch que je me suis efforcé d’y recréer, et j’aime toutes les références, cinématographiques notamment, que j’y ai distillées.


Êtes-vous satisfait du « succès » de vos livres ?

Ah, la terrible question ! Pour être très sincère, je suis heureux du succès de « Celle qui ne pleurait jamais », mais plutôt déçu par celui, relatif, de mes deux romans suivants, alors que le deuxième opus de la série Gabrielle Berthelot, « Celle qui ne pardonnait pas », est à mon sens plus abouti que le premier. Cela dit, le premier est disponible en poche, je croise les doigts pour que le second suive la même voie et connaisse un deuxième souffle !


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Oui, notamment après l’écriture de « La porte de Bosch ». Après l’envoi d’une trentaine de manuscrits, à mesure que les refus s’accumulent (quand les éditeurs prennent la peine de vous répondre, ce qui n’est pas toujours le cas), on perd l’espoir et la confiance. Au bout d’un moment, devant le constat que ce roman n’inspirait aucun éditeur, je me suis dit que jamais plus je n’écrirais. Il m’a fallu un an pour reprendre la plume. Mais je l’ai reprise, car quand on a une passion, il est difficile de se contraindre à s’en défaire. Après l’écriture de mes trois premiers romans, alors que je n’étais toujours pas édité, il y a aussi eu une longue période pendant laquelle je n’ai pas écrit. Mais ce n’était pas vraiment une décision d’arrêter l’écriture, juste un besoin de prendre un peu de recul. Et encore une fois, je m’y suis remis…


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

Un manuscrit est bouclé, qui ne sera pas édité par Nouveaux Auteurs, et dont je ne connais donc pas la date de sortie. Aujourd’hui, je travaille sur le scénario du troisième opus de ce que j’ai appelé « La trilogie Gabrielle » (les « Celle qui… »), mais l’intrigue n’étant pas encore bien en place dans ma tête, je travaille en parallèle sur une autre histoire, dans l’esprit de la nouvelle « Le corps » de Stephen King (ça, c’est un petit scoop…). Je ne garantis pas que ce soit la prochaine qui verra le jour, mais elle m’occupe bien l’esprit…


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

Je n’ai jamais sérieusement songé à l’autoédition car je tenais à être édité à compte d’éditeur. L’autoédition peut être une solution si vous avez du temps et de l’énergie à revendre, car dans ce schéma, vous jouez tous les rôles en plus de celui d’écrivain : commercial, distributeur, attaché de presse, etc. C’est donc très chronophage et énergivore. Si vous ne faites que cela, c’est jouable, mais si vous avez un métier à côté, cela peut devenir vite compliqué. L’autoédition offre la garantie d’un « revenu » plus élevé que l’édition classique pour chaque exemplaire vendu, mais je préfère (aujourd’hui, mais cela peut changer) le confort d’une maison d’édition qui vous garantit une meilleure visibilité, en librairie notamment.


Parlez-nous de votre dernier roman (sujet, durée d’écriture, choix des personnages, date de sortie…) ?

Mon dernier roman, sorti aux éditions Nouveaux Auteurs en juin 2021, s’appelle « Celle qui ne pardonnait pas ». Mon personnage principal, Gabrielle Berthelot, gendarme à la section de recherche de la gendarmerie de Toulouse, est appelée sur le lieu d’un crime mis en scène de façon « mythologique », où une étudiante est retrouvée morte dans son lit, enveloppée dans un drap blanc, coiffée d’une tresse vestale, et les mains jointes sur la poitrine, comme en un geste de recueillement. Ce premier crime est rapidement suivi d’un autre, et Gabrielle et son binôme Marc vont s’engager dans une course contre la montre pour déchiffrer les indices cachés dans le jeu macabre du mystérieux « tueur aux cartes ».

Ce roman se passe pour l’essentiel à Toulouse. Il met en scène Gabrielle Berthelot, déjà présente dans le premier opus de la trilogie entamée avec « Celle qui ne pleurait jamais », mais son intrigue étant indépendante de ce dernier, il peut parfaitement se lire avant lui. Je l’ai écrit en un peu moins d’un an entre 2019 et 2020.


Quelle relation avez-vous avec les lecteurs ? Échangez-vous régulièrement avec eux ? De quelle manière ?

J’échange beaucoup avec mes lecteurs, lors des dédicaces en librairies et salons tout d’abord, lors des rencontres en médiathèque également, mais aussi au travers des réseaux sociaux. Certains groupes Facebook par exemple sont très actifs et organisent des rencontres qui permettent de rassembler auteurs et lecteurs. L’image de l’écrivain qui reste dans son coin enfermé entre quatre murs pour écrire n’est à mon sens plus d’actualité, et c’est très bien ainsi ! Personnellement, je prends beaucoup de plaisir à échanger avec mes lecteurs, d’abord parce qu’ils me font de très beaux retours de lecture qui alimentent l’envie d’écrire, ensuite parce que certains d’entre eux me livrent une analyse de mes romans qui est parfois très surprenante et me renvoie des choses très pertinentes auxquelles je n’avais pas pensé au premier abord.


Êtes-vous présente sur les réseaux sociaux ? Pourquoi ce choix ?

Je suis présent sur Facebook et Instagram, mais j’avoue ne pas être forcément très bon dans le domaine… J’y suis venu justement par l’écriture car je ne les pratiquais pas avant, tout simplement parce que, qu’on le veuille ou non, beaucoup de choses se passent aujourd’hui sur les réseaux, et ce dans tous les domaines, y compris celui de la littérature.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ? 

Oui, je lis beaucoup, j’ai toujours un ou deux romans en cours de lecture. Je lis de tout, sauf la poésie et les biographies. J’aime beaucoup John Irving, Ian Pears, Donald Westlake, Umberto Eco, Fred Vargas, Stephen King, Agatha Christie (ces deux derniers auteurs m’ont suivi dans toute mon adolescence, ce qui explique en partie pourquoi j’écris aujourd’hui du polar et du thriller).


Quel livre auriez-vous aimé écrire ? Pourquoi ?

Assurément « Le nom de la rose » d’Umberto Eco, de mon point de vue le meilleur roman policier de toute la littérature. Il est intelligent, très riche, et l’atmosphère rendue par Eco est magistrale.


Avez-vous d’autres passions ?

J’aime beaucoup l’astronomie. Je crois que cette passion rejoint la première, la littérature, car elle ouvre sur l’un des plus grands mystères de l’histoire humaine : la vie sur une autre planète que la nôtre. Quand je lève les yeux au ciel et que je pense aux milliards d’étoiles qui brillent dans l’univers, donc aux milliards de planètes qui gravitent autour d’elles, j’ai la tête qui tourne. Cette question : « Sommes-nous seuls dans l’univers », a toujours été, et est encore, source d’inspiration pour des dizaines et des dizaines d’écrivains. L’idée de tous ces mondes inexplorés, que l’on peut imaginer sous les formes les plus extraordinaires, est très proche de celle que j’ai de la littérature : une infinité d’univers fabuleux à découvrir.


Un dernier commentaire ?

À nos lectrices et lecteurs : dès que vous en avez l’occasion, prenez le temps de nous faire un petit retour de lecture sur les réseaux ou sur les sites où il est possible de le faire, cela ne peut nous faire que du bien ! Merci à vous !


CONTACTER L’AUTEUR

Page facebook : https://www.facebook.com/christophe.vasse.auteur

Instagram : christophe_vasse

Email : christophe.vasse.auteur@gmail.com


BIBLIOGRAPHIE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s