Elisabet GUILLOT

répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Je m’appelle Elisabet, j’ai 42 ans et je suis infirmière en psychiatrie mais en reconversion en préparatrice en pharmacie dès cette rentrée.

Je suis autiste Asperger et également maman comblée de 3 tornades.

Je suis espagnole, mais je vis en France depuis 22 ans, alors j’aime ce pays comme le mien.


Vouliez-vous devenir écrivaine quand vous étiez petite ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Aussi loin que je me m’en souvienne, dès que j’ai pris un crayon j’ai commencé à écrire. Étant autiste, l’écriture a été pour moi ma seule façon de communiquer avec les autres, de leur transmettre mes pensées, mes émotions, ce que je ne pouvais pas faire oralement.

Le déclic a été mon grand-oncle Gabriel. Je n’avais que neuf an quand nous avons commencé à nous écrire car il habitait loin de moi. Ces échanges épistolaires, où il me racontait sa jeunesse, la guerre et m’encourageait à écrire, m’ont fait aimer partager à l’écrit tout ce que je gardais dedans.

Du coup mes premiers textes à proprement dire j’étais en primaire, puis mon premier livre écrit j’avais 14 ans.


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Plus qu’une envie c’était un besoin vital. Le besoin de partager, de communiquer tout simplement avec les autres.

Alors que ma parole était sommaire, mes écrits, eux, arrivaient à décrire tout ce que je ressentais.


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Oui, mon tout premier roman. Je n’avais que 14 ans et il était imparfait, mais j’en étais fière ! C’était une histoire que je pourrais retravailler un jour. Ensuite il y a eu les textes avec lesquels j’ai gagné des concours littéraires en Espagne, pour la simple raison qu’ils sont restés là-bas.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

Dans mon cas une passion, une partie de moi, mais comme je ne peux pas en vivre ce n’est pas mon métier.

Cependant, vu le temps et l’investissement, c’est clairement un métier à part entière… qu’il faut faire avec passion !


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

Les bons côtés c’est le partage avec les autres et le dépaysement. Quand on écrit on peut être qui l’on veut, et on peut voyager sans sortir de chez soi. Écrire est une aventure sans fin.

Les mauvais côtés ? Peut-être le jugement des autres, parfois malveillant, et les rivalités entre auteurs que je n’ai jamais réussi à comprendre.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

J’écris toujours à l’ordinateur car à cause d’un problème moteur, j’ai mal quand j’écris au stylo.

Sinon, j’ai besoin d’être seule, pas de musique, pas de gens autour, et surtout d’être certaine d’avoir le temps devant moi d’écrire. Une fois que je me suis envolée dans mon monde, j’ai du mal à revenir.


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

En général une idée d’histoire germe dans ma tête, et tout doucement, elle se met en place. D’abord la trame, puis je vois clairement chaque personnage. Il se passe un long moment de pré création où ces personnages « vivent » en moi, au point que je les connais comme s’ils existaient vraiment, et c’est là que je peux passer au clavier.

Pour la suite, pas de plan, ce sont mes personnages qui décident de tout, je ne suis que leur outil.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

La plupart du temps ce sont des rêves que je fais. J’ai la particularité de me souvenir, chaque matin, de tous mes rêves et cauchemars, au détail près. Alors ces histoires folles, ce sont les bases de mes écrits… donc forcément elles ont une grande partie de moi puisque c’est mon subconscient qui les créée.

Bien sûr, il m’arrive de ne pas être inspirée, mais je ne panique pas, j’attends tout simplement que le vent tourne.


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? 

Mes histoires se déroulent souvent dans des mondes fantastiques, mais elles sont inspirées du réel, surtout pour les personnages.

Du fait de mon autisme, j’observe énormément les gens afin d’essayer de les comprendre et d’anticiper ce qu’ils attendent de moi. Ainsi, mes personnages sont souvent issus du réel. C’est-à-dire que Sofia existe, tout comme Ewald, quelque part, mais je ne vous dirais jamais qui m’a inspirée ! Cela reste mon petit secret.

Ensuite pour la trame elle-même, parfois, certaines scènes, je les ai vécues ou encore une fois j’en ai été témoin. Cela m’aide beaucoup à retranscrire chaque émotion et tout ce qui entoure ce passage en concret.


Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Défaut professionnel je pense ! Dans mes histories, bien que ce soit du fantastique, je parle de sujets du quotidien : homosexualité, exclusion, racisme, alcoolisme, misogynie etc etc… c’est parce que je les inclus dans un monde non humain que, je pense, qu’ils sont plus abordables pour les lecteurs. Mon but étant toujours que la lecture provoque quelque chose, une remise en question, une réflexion.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Le plus difficile à écrire a été sans doute le dernier tome de ma trilogie. Inconsciemment je savais que j’allais quitter mes personnages, et je freinais, je voulais retarder ce moment. Le plus facile a été mon premier tome. L’histoire était déjà si mûre dans ma tête que tout a coulé sur le clavier sans effort.


Avez-vous une préférence pour l’un de vos romans ? Pourquoi ?

Oui, le deuxième tome. Il est plus profond et les femmes jouent un rôle essentiel. J’ai pris le temps d’explorer le passé de chaque personnage et je lui ai donné une dimension plus humaine.


Êtes-vous satisfaite du « succès » de vos livres ?

Je suis très satisfaite, surtout des retours ! Je ne suis pas une écrivaine « à la mode », et pour cause, car en choisissant le monde fantastique, une partie des lectrices n’accrocherait pas. Mais ceux et celles qui se sont aventurés dans mon univers ont tous, sans exception, donné un avis favorable, alors je suis très fière de mes bébés.


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Jamais. J’ai eu des périodes, longues, où je n’écrivais pas, mais tout simplement par manque de temps.

Arrêter d’écrire, pour moi, revient à arrêter d’interagir avec les autres.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

Mes prochains projets sont déjà bien entamés.

D’abord un one shot de romance fantastique qui s’appellera « Baby Death ». C’est une histoire décalée, dans le fantastique, mais avec des touches d’humour.

Ensuite, une série d’anticipation. Là, en revanche, je n’ai pas encore déterminé le nombre de tomes. J’ai la trame, le début de l’histoire, mais comme j’ai dit, vu que ce sont mes persos qui décident, je ne sais pas vers quoi ça va me mener.


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

Bien que j’aie reçu des propositions de maisons d’éditions très connues, j’ai fait le choix de l’auto édition. Principalement pour rester libre de mes actions, car les ME ont tendance à vouloir modifier le contenu des histoires, voire ajouter des passages qui, pour moi, n’ont rien à faire là.

Je me moque d’être connue ou pas, ce que je ne veux pas c’est dénaturaliser mon travail, alors en auto-édition je maîtrise tout et ça me convient tout à fait.


Parlez-nous de votre dernier roman (sujet, durée d’écriture, choix des personnages, date de sortie…) ?

Le tome 3 « Le réveil : Renaissance », signe la fin de la trilogie « Le réveil ».

Il sortira en septembre et le lecteur va être très surpris. Les personnages ont évolué, tous, et ils ont grandi. L’histoire s’est compliquée de façon que les choix sont plus d’ordre moral que stratégiques. Et la fin, alors là, je sens que je ne vais pas me faire de amis !


Quelle relation avez-vous avec les lecteurs ? Échangez-vous régulièrement avec eux ? De quelle manière ?

Grâce aux réseaux sociaux j’échange régulièrement avec les lecteurs.

Quand j’ai la chance de les rencontrer en vrai, j’aime leur donner ma carte et rester en contact.

Ce sont eux qui me guident, qui me remettent parfois dans le droit chemin, alors partager avec eux c’est que du bonheur, et ce, que ce soit sur internet, par mail ou bien lors des salons.

Certains sont même devenus des amis !


Etes-vous présente sur les réseaux sociaux ? Pourquoi ce choix ?

Je suis très présente sur Instagram, où j’ai une communauté de presque 3500 personnes. Impossible de se sentir seule ! Je passe aussi sur Facebook, et un petit peu via mon site web.

Le choix est simple. Je suis plus à l’aise pour communiquer sur les réseaux, donc à l’écrit, qu’oralement.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ? 

J’ai appris à lire à 3 ans, seule, et depuis je ne me suis jamais arrêtée. J’aime lire de tout, mais j’avoue que j’ai du mal avec la poésie, car elle est souvent bien trop imagée et je rencontre des difficultés avec ce qui n’est pas implicite.

Ce que je préfère lire c’est évidemment la romance fantastique, mais il m’arrive de lire aussi, très souvent, de la littérature ordinaire, et je me régale tout autant.


Quel livre auriez-vous aimé écrire ? Pourquoi ?

« La servante écarlate », parce qu’il contient tous les sujets qui me touchent et que sa protagoniste est vraiment exceptionnelle.


Avez-vous d’autres passions ?

Je ne sais pas si on peut appeler ça une passion mais j’aime énormément apprendre. Dès que je peux, je m’inscris à des cours ou je passe des diplômes. Mon cerveau a besoin d’absorber sans arrêt des informations.


UN DERNIER COMMENTAIRE ?

Merci beaucoup pour cette superbe interview ! Ce fut un plaisir et j’espère, que si vous osez vous lancer dans mon univers, vous serez transportés.


CONTACTER L’AUTEUR

Page facebook : https://www.facebook.com/profile.php?id=100068423986203

Profil instagram : https://www.instagram.com/elisabet_guillot.auteur/

Site : https://elisabetguillotauteur.com/


BIBLIOGRAPHIE

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s