Patrick AGOSTINI

répond à mes questions.


Parlez-nous un peu de vous, qui êtes-vous ?

Enseignant de profession, je suis un « touche à tout » : batteur chanteur auteur compositeur. J’ai glissé naturellement vers l’écriture par le biais des chansons et de la poésie. Je m’en tiens aujourd’hui au format long, le roman.


Vouliez-vous devenir écrivain quand vous étiez petit ? À quel âge avez-vous commencé à écrire ?

Lecteur à 4 ans, j’ai commencé à écrire très tôt, sur le mode épistolaire. À l’enfance, vouloir devenir « Écrivain », c’était conçu comme inaccessible, voire prétentieux !


Et qu’est-ce qui vous a donné envie d’écrire ?

Je crois que derrière tout cela, il y a simplement le plaisir qu’on prend à raconter, à inventer, à donner à rêver. Et puis aussi cette bulle qu’on pose au-dessus de soi, dans un monde qui, initialement, n’appartient qu’à vous, où vous êtes totalement libre, sauf à s’astreindre aux contingences de notre belle langue. Je parle davantage de « besoin » que « d’envie ».


Y’a-t-il des manuscrits qui n’ont pas été publiés ? Pour quelle raison ?

Un ou deux, ils n’avaient sans doute pas la dimension, ni la forme ad hoc. L’arrivée de l’informatique a profondément aidé les autrices/auteurs à mettre proprement leurs productions en forme.


Pour vous l’écriture, c’est plutôt un métier ou une passion ?

Oh ! Une passion, bien sûr, absolument dévorante !


Quels sont pour vous les bons côtés ? Et les mauvais ?

Les bons côtés, c’est de pouvoir assouvir sa passion pour les mots, de construire des univers, d’aller au bout de l’idée de partage même s’il a tendance à « suralimenter » sa propre image narcissique. 

Les mauvais côtés, il y en a quelques-uns. L’âpreté à se faire reconnaitre, à être diffusé, les traquenards d’éditeurs pas toujours à la hauteur de leurs promesses. Mais il y a aussi l’effet miroir, l’écriture renvoie à soi-même, et ce n’est pas toujours si simple.


Avez-vous des habitudes d’écriture ? Quelles sont-elles (lieu, moment de la journée, en musique) ?

Quand je me sens prêt, que ça déborde… Parfois en musique, à n’importe quelle heure de la journée. Le cœur de la nuit est absolument jubilatoire.


Avez-vous un process d’écriture ? Quel est-il ?

Non, aucun process. Peut-être au début installer des arborescences pour ne pas faire dans l’anachronisme et l’invraisemblable. Ou des post-it.  Je pars d’une situation clé qui va déterminer un développement, que je ne connais pas pour autant. Je m’en vais la plupart du temps à l’aventure avec mes personnages, au fur et à mesure qu’ils se dessinent. Le plus difficile pour moi est d’expurger, de toutes les scories dont un texte peut se gorger dans la spontanéité, sans qu’on n’y prête attention, les répétitions, les redondances, les mots inutiles.


Où trouvez-vous votre inspiration ? Avez-vous des moments ou l’inspiration ne vient pas ?

Je retire un mot de l’œuvre d’Alain Bashung : « Malaxe ». Malaxe, triture, torture toi la tête… J’aime à imaginer les atmosphères à la Boris Vian, où se mêlent le drame, l’humour, la poésie, le détachement… L’inspiration me vient de mes personnages, ils me conduisent dans ce que je tente de raconter. Alors je malaxe les idées, les suppositions, les caractères, jusqu’à ce que cela présente une espèce de rotondité, de plénitude, que chaque mot ait sa place dans le récit, sans trop en faire,  sans trop en dire… Allez, lâchons le mot, cela devient obsessionnel ! Mais si l’inspiration n’est pas là, je fais du pratico-pratique, relecture, mis en abyme, orthographe etc… Ou chaise longue !


Vos histoires sont-elles tirées de faits réels, d’anecdotes personnelles ? 

C’est arrivé, pour donner de la consistance et de l’épaisseur au récit. Mais il faut faire déraper assez vite les choses. Par contre j’aime à faire apparaitre des silhouettes disparues, et leur faire endosser des rôles qu’ils auraient adoré faire ! Ce sont de petits hommages.


Qu’est-ce qui vous a poussé à choisir ces sujets ?

Souvent, il y a un contexte de fond. « Madame boule d’ogre » c’était la maltraitance au travail, l’avènement d’un état tyrannique en France, « Une hirondelle dans la tête », c’est le problème des migrants, les dangers de l’informatique, encore aussi la tyrannie. Mais aussi l’amour et les grandes valeurs humanistes. Il en va de même pour le prochain, « L’or au pied des narcisses » qui évoquera en fond d’écran les enfants soldats et la place des pères dans la société moderne.


Y’a-t-il un livre qui a été plus difficile à écrire ? Et un plus simple ?

Lorsqu’on est dans l’écriture passion, la difficulté tient à l’exigence qu’on a de rendre « une copie idéale ». Et rien n’est plus simple que lorsque l’inspiration vous guide.


Avez-vous une préférence pour l’un de vos romans ? Pourquoi ?

Je n’en suis pas là… Je les aime tous !


Êtes-vous satisfait du « succès » de vos livres ?

Comment ne pas être satisfait du succès d’un livre ! Cela dit, tout reste relatif… Pour ce qui est de « l’hirondelle », je considère qu’elle me donne énormément, et qu’on peut encore aller avec elle et Ilion Éditions beaucoup plus loin, beaucoup plus haut…


Avez-vous déjà pensé à arrêter l’écriture ? Si oui, pourquoi ?

Je viens à peine à me considérer un peu comme un écrivain, sous l’impulsion de mon égérie Amélie Nothomb, qui m’encourage à y croire, de mes nombreux lecteurs et d’Ilion Éditions qui a cru en moi. Alors, pour l’instant, je n’imagine pas arrêter.


Avez-vous un ou des nouveau(x) projet(s) en cours ? Une idée de la date de sortie ?

« L’or au pied des narcisses » est dans les tuyaux. Des nouvelles dans les mois qui viennent.


Autoédition ou maison d’édition ? Pourquoi ce choix ?

On va sur une arche de progression, l’auto édition peut être un commencement, mais il faut clairement tendre vers l’édition à compte d’éditeur, c’est la marque d’un talent qui se confirme, même si tant d’autres restent sur le bord du chemin. J’ai connu plusieurs formules. Mais je ne sais pas si on peut parler de « choix ».


Parlez-nous de votre dernier roman (sujet, durée d’écriture, choix des personnages, date de sortie…) ?

J’en ai déjà touché quelques mots. C’est un peu comme « l’hirondelle », un conte moderne qui part d’une situation proche d’un polar.  J’ai mis presque un an à articuler plusieurs idées, dont une qui m’emmènerait immanquablement au mont Saint Michel. Et d’autres où la légende préside aux destins de mes personnages, « sur la terre comme au ciel », c’est un clin d’œil ! L’histoire d’une enfant soldat et de « paternitude ». Un énorme pied à écrire cela !


Quelle relation avez-vous avec les lecteurs ? Échangez-vous régulièrement avec eux ? De quelle manière ?

J’ai quelque fois des retours directs. D’autres à travers les réseaux. Bref, il y a du retour auquel il n’est pas toujours facile de donner sa voix. Des chroniques, des articles, sont des moyens de communication, mais un peu à sens unique. Trois interviews radio m’ont permis de m’adresser sur un autre mode aux lectrices/ lecteurs. Il y a aussi parfois de grands silences qu’il faut se garder d’interpréter.


Êtes-vous présent sur les réseaux sociaux ? Pourquoi ce choix ?

Les réseaux, c’est le moyen pour un auteur de promouvoir son œuvre, à la marge de ce que l’éditeur est censé faire ! Parfois malheureusement, il n’y a que cela pour faire connaître le livre. C’est là où j’évoquais les promesses non tenues par de pseudos éditeurs.


Vous écrivez mais aimez-vous lire également ? Si oui quel type de romans ? 

Oui, j’ai avant tout été un grand lecteur, la littérature a fait mes humanités. J’aime les romans psychologiques, la science-fiction pas trop délirante, les histoires bien ficelées, l’humour, les grand(e)s autrices/auteurs.


Quel livre auriez-vous aimé écrire ? Pourquoi ?

« Soif », d’Amélie Nothomb et « Moderato cantabile », de Marguerite Duras, deux cristaux, deux monuments. « L’écume des jours », de Boris Vian, mon livre totem.


Avez-vous d’autres passions ?

La musique, la poésie.


Un dernier commentaire ?

C’était très agréable de répondre à cette interview. Des questions qui invitent à jeter un œil dans le rétroviseur et aussi à se mettre en projet. À porter un regard sans complaisance, si possible, ce n’est pas le plus facile. Merci à Heylowdylitdeslivres pour cette belle initiative et cette invitation.


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BIBLIOGRAPHIE

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