ALAMBRE – CELINE SERVAT


DITES-MOI EN QUELQUES MOT QUI ÊTES-VOUS ?

Bonjour Heylowdit, je m’appelle Céline Servat, j’aurai 48 ans dans quelques mois et je vis dans les Pyrénées, dans le petit village d’Encausse les Thermes ou je co-organise le salon du polar t(h)ermes noirs. Je suis assistante sociale auprès d’enfants en difficultés et j’aime beaucoup mon métier.

J’écris des nouvelles ainsi que des thrillers/romans noirs.


POUVEZ-VOUS RÉSUMER VOTRE LIVRE EN QUELQUES LIGNES ?

Alambre est le troisième tome de la trilogie sur les dictatures et les secrets de famille. Il se déroule en Espagne. Il commence en 1939, dans un petit village d’Andalousie, au moment du coup d’état ou Franco prend le pouvoir par la force. Esteban, dix-sept ans, doit prendre la décision la plus difficile de sa vie : quitter le village où il a toujours vécu, s’éloigner de ses parents, de la fille qu’il aime, pour rejoindre la CNT et combattre les troupes phalangistes. Sa décision va avoir de multiples conséquences, pour lui comme pour son entourage. Vous découvrirez les prisons pour femmes, les orphelinat, la torture et la peur quotidienne.

Dans la deuxième partie, plus actuelle, Gustave, le héros de la trilogie, rejoint Léa sur la Costa Brava pour l’aider dans son association. Mais les événements vont se précipiter et leurs proches sont menacés. Qui est l’assassin et quelle est sa motivation ? Comment lui échapper ?


À QUEL MOMENT AVEZ-VOUS COMMENCÉ À TRAVAILLER DESSUS ?

J’ai fait à peu près six mois de recherches intensives sur l’histoire de la guerre d’Espagne avant de l’écrire, donc je dirais en janvier 2021.


QU’EST-CE QUI VOUS A DONNÉ ENVIE DE L’ÉCRIRE ?

Le but de la trilogie était de dénoncer les exactions des dictatures, celles de Perón et Videla en Argentine, de Staline en Russie et de Franco en Espagne, à travers le regard d’adolescents, puis de jeunes adultes piégés dans des enjeux qu’ils n’ont pas choisis et ne maîtrisent pas, puisque l’on découvre dans le premier tome que leurs parents les ont envoyé à l’institut Peron pour qu’ils deviennent les dictateurs de demain.

Ce troisième tome avait une connotation particulière pour moi. Mes grand-parents paternels viennent d’Andalousie, mon grand-père a quitté la Campana, le village où se situe le début du roman, pour combattre lui aussi mais sous l’étiquette communiste. Il nous a transmis ses souvenirs souvent douloureux mais aussi son esprit de lutte. Je ne voulais pas parler de son histoire en particulier mais de celle de l’Espagne, qui a servi de prémices à la seconde guerre mondiale. J’ai quand même mis en scène son personnage comme un personnage secondaire, voire tertiaire. Esteban, mon héros, croise Manolo trois fois dans le livre.


COMBIEN DE TEMPS AVEZ-VOUS MIS POUR L’ÉCRIRE ?

Entre les recherches, l’écriture du premier jet puis toutes les corrections, je suis sur une temporalité d’environs un an. En travaillant à côté, ce qui n’est pas évident pour dégager du temps.


EST-CE QUE L’ÉCRITURE A ÉTÉ COMPLIQUÉE ? AVEZ-VOUS EU DES MOMENTS DE DOUTES ? ENVIE DE TOUT ARRÊTER ?

Je n’ai pas voulu arrêter, à aucun moment. Pour le doute, je l’ai beaucoup plus ressenti pendant l’écriture de Norillag, le deuxième tome de la trilogie, alors que je me savais attendue et que je voulais faire mieux qu’Internato. Pour Alambre, j’ai été assez sereine une fois que l’histoire s’est affinée dans mon esprit. Je compare l’écriture d’un roman à un marathon ou une longue course en solitaire. Il faut s’y préparer avant de l’aborder pour éviter le plus possible les inquiétudes, la perte de motivation ou les angoisses. Le stress est venu ensuite, quand j’attendais les premiers retours inhérents à la sortie. J’avais besoin du regard de lecteurs pour être certaine que j’avais atteint mon objectif.


AVIEZ-VOUS UN RITUEL D’ÉCRITURE PARTICULIER POUR CE LIVRE ? OÙ AVEZ-VOUS TOUJOURS LE MÊME ? QUEL EST-IL ?

Non je n’ai pas vraiment de rituel à proprement parler. Ma façon d’écrire et de construire mes romans évolue au fur et à mesure de mon expérience. Moi qui ai toujours travaillé en plan hyper détaillé, je me surprend en ce moment -sur l’écriture de mon quatrième roman- à rester sur un plan un peu plus général et succinct, par exemple.

J’écris plutôt le soir et je fais les recherches avant de commencer l’écriture, à part si quelque chose que je n’avais pas prévu interfère et, à ce moment-là, je prends le temps de bien comprendre le sujet.


POURQUOI AVOIR CHOISI CE GENRE LITTÉRAIRE ? ET POURQUOI AVOIR CHOISI CE SUJET ?

Je suis quasi exclusivement une lectrice de polar, thriller et roman noir, donc mes goûts influent sur ma façon de penser et de construire mes histoires. Quant au sujet de la trilogie, cela a démarré par des lectures sur l’Amérique latine et la fuite des nazis et autres tortionnaires en Argentine où ils étaient accueillis les bras ouverts. De là, l’idée de ce pensionnat a émergé et m’a permis d’aborder une histoire très récente et qui a été couverte par les différents gouvernements mondiaux. Quant au secret de famille, c’est un sujet qui me fascine et auquel je suis confronté dans mon travail. Les mécanismes de protections qui amènent le non-dit font généralement plus de mal que de bien et ajoute du quiproquo, de l’angoisse, de l’incompréhension. Il me semblait important de l’aborder et de montrer ses conséquences.


COMMENT AVEZ-VOUS CHOISI VOS PERSONNAGES ? LEUR CARACTÈRE ? LEUR PRÉNOM ? EST-CE QUE DES PERSONNES RÉELLES VOUS LES ONT INSPIRÉ ?

Je choisis généralement des personnages forts et je tempère en les accompagnant de personnes plus mesurées. Gustave, le héros de la trilogie a un côté introverti, peu sûr de lui, qui évolue au fur et à mesure. Ce sont souvent les femmes qui ont le plus de caractère dans mes romans. Elles sont souvent des héroïnes de l’ombre ou bien même du grand jour. Elles peuvent aussi être détestables, selon les situations, comme un certain nombre de mes personnages masculins, d’ailleurs. L’objectif est de trouver un équilibre, une homéostasie pour que ce système relationnel fonctionne, par moment de manière bancale mais avec les interactions et les rôles de chacun.  Comme dans la vie.


QUEL EST LE PERSONNAGE QUI VOUS RESSEMBLE LE PLUS ET POURQUOI ? ET CELUI DANS LEQUEL VOUS AVEZ MIS LE PLUS DE VOUS-MÊME ?

Ah, bonne question…je ne sais pas. Je ne pense pas qu’un des personnages me ressemble vraiment. Autant dans mes nouvelles cela peut être le cas, autant dans le roman je ne vois pas. Peut-être la mère d’Esteban ? En tout cas, mes personnages principaux ont souvent mes convictions et je pense que cela se ressent.


AVEZ-VOUS UN PERSONNAGE FAVORI ? LEQUEL ET POURQUOI ?

Dans Internato j’avais Gabriela, jeune Argentine qui lutte contre la dictature. Dans Norillag je dirais Volodia, pour qui j’avais une extrême tendresse et que j’avais envie de protéger. Peut-être que dans Alambre ce serait Antonia, l’amoureuse d’Esteban. Elle évolue beaucoup dans le livre et, elle qui a plus l’âme d’une princesse que d’une héroïne, a décidé de ne pas être qu’une victime. J’ai construit l’histoire autour d’Antonia en thème central, même si je l’ai amenée par le prisme d’Esteban. Ne dit-on pas que les hommes croient dominer mais que, finalement, les femmes décident ?


COMMENT AVEZ-VOUS CHOISI LE OÙ LES LIEUX OU SE DÉROULE L’INTRIGUE ? PAR QUOI OU QUI AVEZ-VOUS ÉTÉ INSPIRÉ POUR FAIRE CE CHOIX ?

J’ai voulu me baser sur des villes que je connaissais. Je n’ai pas pu aller à Buenos Aires ou à Norilsk -en Sibérie- pour les précédents romans, et Street view m’a beaucoup servi. Pour l’Espagne, j’avais les images en tête au moment où je décrivais la plupart des lieux. En sachant que l’évolution de la guerre d’Espagne fonctionne avec des points de vue stratégiques, certaines villes étaient, de fait, des lieux incontournables. Quant à la deuxième partie d’Alambre, elle se passe principalement à Rosas, ville que je connais bien, ce qui favorise la projection.


Si ce livre devait faire passer UN message, quel serait-il ?

Il est clairement : l’histoire sert d’expérience, le pire peut arriver, ne vous laissez pas avoir par les discours de haine et de destruction de l’extrême droite.


AVEZ-VOUS DÉJÀ COMMENCE À TRAVAILLER SUR LE PROCHAIN ?

Oui ! Tout d’abord je viens de finaliser un recueil de nouvelles noires, co-écrit avec mon frère Tomas Jimenez, compositeur et interprète du groupe el Comunero et qui a écrit plusieurs nouvelles parues dans des recueils. Il s’appelle : Une plongée dans le noir et paraîtra sous M+ Mini -un format qui tient dans la poche- en janvier 2023.

Côté roman, j’écris en ce moment un polar qui se passera dans le Comminges, la région où je vis. Il met en scène Marco Minelli, un homme qui a le don de soigner le feu et de sentir quand quelqu’un va mourir, ce qui l’effraye beaucoup. Il va se retrouver impliqué dans une enquête pour meurtre… Mais je ne vous en dit pas plus.


Y-A-T-IL DES AUTEURS QUI VOUS INSPIRENT POUR ÉCRIRE VOS HISTOIRES ?

Je ne sais pas s’ils m’inspirent pour écrire mes histoires mais, de façon plus large, comme des exemples de qualité et d’exigence. Il y en a plusieurs. Caryl Ferey, Franck Thilliez, Olivier Norek, Céline Denjean, Armelle Carbonel, Nicolas Druart… Et je dois en oublier , j’en suis sûre.


UN DERNIER COMMENTAIRE ?

Merci pour cette interview et n’hésitez pas, en tant que lecteurs, à me contacter pour échanger sur Alambre si vous en éprouvez le besoin, que vous ayez aimé ou pas !



OU TROUVER CE LIVRE ?

Plateforme : toutes les plateformes et sur le site de M+éditions

Formats disponibles : Numérique et broché.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s